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Locataire parti sans payer : quels recours pour le bailleur ?
La réponse courte
Après le départ du locataire, le bailleur peut réclamer loyers et charges impayés pendant 3 ans (loi 1989, art. 7-1 ; service-public.gouv.fr). Il peut aussi déduire du dépôt de garantie les sommes dues et justifiées, s’adresser au garant ou demander une injonction de payer.
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Sur cette page (8 parties)
Combien de temps pour réclamer après le départ du locataire ?
Les actions dérivant du bail se prescrivent par trois ans (loi 1989, art. 7-1). Le délai court à compter du jour où le bailleur a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant d’agir (même article). Il s’applique y compris après le départ du locataire (service-public.gouv.fr, fiche F479).
La fiche officielle donne un exemple : une dette de loyer ou de charges de mars 2026 peut être réclamée jusqu’en mars 2029 (service-public.gouv.fr). Ce qui interrompt ce délai, et ce qui ne l’interrompt pas, figure sur la page prescription des loyers impayés. La reconnaissance de dette de loyer est présentée sur une page dédiée.
Pour un logement loué vide, le locataire qui a lui-même donné congé reste redevable du loyer et des charges pour tout le délai de préavis (loi 1989, art. 15, I). Ce n’est plus le cas si le logement est occupé avant la fin du préavis par un autre locataire, en accord avec le bailleur (même article). Le décompte des loyers impayés mois par mois récapitule les sommes restant dues.
Les points clés (3)
- Dépôt de garantie : restitué dans 1 mois (état des lieux conforme) ou 2 mois après la remise des clés, déduction faite des sommes restant dues et justifiées (loi 1989, art. 22).
- Logement loué vide et abandonné : mise en demeure par commissaire de justice (l’ancien huissier), puis constat d’abandon possible 1 mois après la signification, faute de réponse (loi 1989, art. 14-1).
- Injonction de payer : requête gratuite ; ordonnance rendue depuis le 01/09/2026 à signifier dans 3 mois, sinon non avenue (service-public.gouv.fr).
Le dépôt de garantie peut-il couvrir les loyers impayés ?
Le dépôt de garantie est restitué dans un délai maximal de deux mois à compter de la remise des clés, en main propre ou par lettre recommandée avec avis de réception (loi 1989, art. 22). Le délai est d’un mois quand l’état des lieux de sortie est conforme à celui d’entrée (même article). Dans les deux cas, le bailleur déduit, le cas échéant, les sommes restant dues et celles dont il pourrait être tenu à la place du locataire, à condition qu’elles soient dûment justifiées (même article).
Parmi ces sommes, la fiche officielle cite « un impayé de loyers ou de charges ». Parmi les justificatifs, elle cite une « lettre de réclamation des loyers impayés restée sans réponse » (service-public.gouv.fr, fiche « Dépôt de garantie dans un bail d’habitation »). Des modèles gratuits de lettre de relance et de mise en demeure de payer sont proposés sur ce site.
Dans un immeuble collectif, le bailleur peut conserver une provision justifiée, d’au plus 20 % du dépôt, jusqu’à l’arrêté annuel des comptes de l’immeuble (loi 1989, art. 22). Sans restitution dans les délais, le solde dû au locataire est majoré de 10 % du loyer mensuel en principal par mois de retard commencé (même article). Cette majoration n’est pas due si le retard vient de ce que le locataire n’a pas transmis l’adresse de son nouveau domicile (même article).
Que peut-on demander au garant ?
LireRéduire : Que peut-on demander au garant ?
Le garant (la caution) s’engage notamment à payer le loyer, les charges et les frais de remise en état du logement dégradé (service-public.gouv.fr, fiche F31267). Avec une caution simple, le propriétaire s’adresse d’abord au locataire en lui envoyant un commandement de payer (même fiche). Avec une caution solidaire, il s’adresse à la caution, de préférence par lettre recommandée avec avis de réception (même fiche).
L’information du garant et le courrier qui lui est destiné sont détaillés sur la page prévenir le garant d’un loyer impayé. Si le départ fait suite au décès du locataire, voir décès du locataire et loyers impayés ; en colocation, voir loyer impayé en colocation.
Et si le locataire a abandonné le logement ?
LireRéduire : Et si le locataire a abandonné le logement ?
Le bailleur ne peut reprendre possession du logement « qu’après avoir respecté certaines règles » (service-public.gouv.fr, fiche F32305). Lorsque des éléments laissent supposer que le logement est abandonné, il peut mettre en demeure le locataire de justifier qu’il l’occupe (loi 1989, art. 14-1). Cette mise en demeure est faite par acte d’un commissaire de justice (l’ancien huissier). Elle peut figurer dans un des commandements prévus aux articles 7 et 24 de la même loi (même article).
Sans réponse un mois après la signification, le commissaire de justice peut constater l’état d’abandon du logement (loi 1989, art. 14-1). Il dresse un procès-verbal des opérations. Si le logement lui semble abandonné, ce procès-verbal contient un inventaire des biens laissés sur place, avec l’indication qu’ils paraissent ou non avoir une valeur marchande (même article).
Le bailleur saisit ensuite le juge des contentieux de la protection, par requête remise ou adressée au greffe du tribunal du lieu du logement (service-public.gouv.fr, fiche F32305). Le juge constate la résiliation du bail et ordonne la reprise des lieux (même fiche). La même requête peut demander la condamnation du locataire au paiement des impayés liés au bail (même fiche).
Le locataire peut contester l’ordonnance dans le mois qui suit sa signification (même fiche). Pour un logement meublé ou un bail mobilité, la fiche indique que le bailleur fait appel au juge des contentieux de la protection pour obtenir la résiliation du bail (même fiche).
Comment obtenir une décision de paiement ?
LireRéduire : Comment obtenir une décision de paiement ?
L’injonction de payer vise une créance certaine, d’un montant déterminé et arrivée à échéance (service-public.gouv.fr, fiche F1746). Pour des loyers et charges impayés d’un bail d’habitation, le juge compétent est le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire du domicile du débiteur, ou du tribunal de proximité dans le ressort duquel se trouve ce domicile (même fiche). La requête est gratuite (même fiche).
La requête et l’ordonnance sont signifiées par un commissaire de justice. Pour une ordonnance rendue à partir du 1er septembre 2026, le délai est de 3 mois, contre 6 mois auparavant ; passé ce délai, l’ordonnance est non avenue (même fiche). Le débiteur a 1 mois à partir de la signification pour faire opposition (même fiche).
Sans opposition dans ce délai, l’ordonnance peut être exécutée, et le greffe délivre sur demande un certificat d’absence d’opposition (même fiche). Le créancier peut se faire assister ou représenter par un mandataire. En cas d’opposition devant le juge des contentieux de la protection, l’avocat n’est pas obligatoire (même fiche).
Pour une créance de 5 000 € au plus, intérêts inclus, la procédure simplifiée de recouvrement des petites créances permet à un commissaire de justice de délivrer un titre exécutoire, avec l’accord du créancier et du débiteur (même fiche). Le débiteur a 1 mois pour répondre (même fiche). Ces voies sont comparées sur la page les voies de recouvrement sans avocat.
| Voie | Ce que prévoit le texte | Source |
|---|---|---|
| Délai pour agir | 3 ans à compter du jour où le bailleur a connu ou aurait dû connaître les faits, y compris après le départ du locataire | Loi 1989, art. 7-1 ; service-public.gouv.fr (F479) |
| Dépôt de garantie | Restitution dans 1 mois (état des lieux conforme) ou 2 mois après la remise des clés, déduction faite des sommes restant dues et dûment justifiées | Loi 1989, art. 22 |
| Garant (caution) | Caution simple : commandement de payer au locataire d’abord ; caution solidaire : demande à la caution, de préférence en recommandé avec avis de réception | service-public.gouv.fr (F31267) |
| Logement loué vide, abandonné par le locataire | Mise en demeure par commissaire de justice ; constat d’abandon après 1 mois sans réponse ; requête au juge, qui peut aussi condamner au paiement des impayés | Loi 1989, art. 14-1 ; service-public.gouv.fr (F32305) |
| Injonction de payer | Requête gratuite au juge des contentieux de la protection ; signification dans 3 mois (ordonnance rendue depuis le 01/09/2026) ; opposition possible pendant 1 mois | service-public.gouv.fr (F1746) |
| Procédure simplifiée des petites créances | 5 000 € au plus, intérêts inclus ; titre délivré par un commissaire de justice avec l’accord du débiteur | service-public.gouv.fr (F1746) |
Et si l’adresse du locataire n’est plus connue ?
LireRéduire : Et si l’adresse du locataire n’est plus connue ?
La loi tire une conséquence de l’absence de nouvelle adresse pour le dépôt de garantie : la majoration pour retard de restitution n’est pas due si ce retard vient de ce que le locataire n’a pas transmis l’adresse de son nouveau domicile (loi 1989, art. 22).
Quand la personne à qui un acte doit être signifié n’a ni domicile, ni résidence, ni lieu de travail connus, le commissaire de justice dresse un procès-verbal des diligences accomplies pour la rechercher (code de procédure civile, art. 659). Il envoie une copie du procès-verbal et de l’acte, en recommandé avec avis de réception, à la dernière adresse connue (même article). Le texte emploie encore le terme « huissier de justice ».
Au stade de l’exécution, les administrations de l’État et des collectivités, et certains organismes publics, communiquent au commissaire de justice chargé de l’exécution les renseignements qui permettent de déterminer l’adresse du débiteur (code des procédures civiles d’exécution, art. L. 152-1). Ils ne peuvent pas lui opposer le secret professionnel (même article). Cet article emploie lui aussi le terme « huissier de justice ». Cette page ne décrit pas d’autre moyen de recherche.
Pour situer ces démarches dans l’ensemble de la procédure, voir toutes les étapes d’un loyer impayé.
Pour aller plus loin, gratuitement
Deux services d’information gratuits, ouverts aux propriétaires comme aux locataires.
SOS Loyers impayés
Numéro vert de l’ANIL, pour les propriétaires comme pour les locataires : appel gratuit, du lundi au vendredi. Les conseillers informent sur les droits, les démarches, les délais, les recours et les aides possibles.
L’ADIL de votre département
Les agences départementales d’information sur le logement délivrent une information neutre et gratuite sur le logement, y compris sur les loyers impayés.
Questions fréquentes
Le bailleur peut-il garder le dépôt de garantie pour des loyers impayés ?
Il le restitue dans un délai d’un ou deux mois après la remise des clés, déduction faite des sommes restant dues, à condition qu’elles soient dûment justifiées (loi 1989, art. 22). La fiche officielle cite « un impayé de loyers ou de charges » parmi ces sommes (service-public.gouv.fr, fiche F31269).
Combien de temps pour réclamer les loyers à un ancien locataire ?
Trois ans, à compter du jour où le bailleur a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant d’agir (loi 1989, art. 7-1). Ce délai s’applique y compris après le départ du locataire : une dette de mars 2026 peut être réclamée jusqu’en mars 2029 (service-public.gouv.fr, fiche F479).
Le locataire doit-il payer le préavis s’il part avant la fin ?
Pour un logement loué vide, le locataire qui a donné congé reste redevable du loyer et des charges pour tout le délai de préavis (loi 1989, art. 15, I). Il ne l’est plus si le logement est occupé avant la fin du préavis par un autre locataire, en accord avec le bailleur (même article).
Que peut-on demander au garant ?
Le garant s’engage notamment à payer le loyer, les charges et les frais de remise en état du logement dégradé (service-public.gouv.fr, fiche F31267). Avec une caution simple, le propriétaire s’adresse d’abord au locataire par un commandement de payer ; avec une caution solidaire, il s’adresse à la caution (même fiche).
Faut-il un avocat pour une injonction de payer ?
La requête est gratuite, et le créancier peut se faire assister ou représenter par un mandataire (service-public.gouv.fr, fiche F1746). Des honoraires sont dus si la requête est déposée par un avocat, un commissaire de justice ou un mandataire. En cas d’opposition devant le juge des contentieux de la protection, l’avocat n’est pas obligatoire (même fiche).
Que deviennent les meubles laissés dans un logement abandonné ?
Le procès-verbal du commissaire de justice contient un inventaire des biens laissés sur place, avec l’indication qu’ils paraissent ou non avoir une valeur marchande (loi 1989, art. 14-1). Le juge qui constate la résiliation du bail autorise, si nécessaire, leur vente aux enchères et peut déclarer abandonnés ceux qui ne peuvent pas être vendus (même article).
Que prévoient les textes quand l’adresse du locataire est inconnue ?
Le commissaire de justice qui ne trouve ni domicile, ni résidence, ni lieu de travail dresse un procès-verbal de ses recherches et l’envoie à la dernière adresse connue (code de procédure civile, art. 659). Au stade de l’exécution, les administrations lui communiquent les renseignements permettant de déterminer l’adresse du débiteur (code des procédures civiles d’exécution, art. L. 152-1).
Sources officielles
Les informations de cette page reprennent les textes et fiches officiels ci-dessous. Les règles peuvent évoluer : la version en ligne de chaque source fait référence.
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Voir les 11 textes et fiches officiels
Légifrance
- Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 7-1 (nouvel onglet)
- Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 15 (nouvel onglet)
- Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 22 (nouvel onglet)
- Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 14-1 (nouvel onglet)
- Code de procédure civile, article 659 (nouvel onglet)
- Code des procédures civiles d’exécution, article L152-1 (nouvel onglet)
service-public.gouv.fr
- Quel est le délai de prescription d’une dette de loyer ou de charges locatives ? (nouvel onglet)
- Dépôt de garantie dans un bail d’habitation (nouvel onglet)
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- Recouvrement de dettes en France : injonction de payer et procédure simplifiée (nouvel onglet)
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