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Modèle gratuit · texte complet

Exemple

Mise en demeure de payer

Le texte ci-dessous est celui du dossier, rempli sur un exemple fictif (loyer de 800 € charges comprises, loyers de juillet et d’août 2026 impayés, un paiement de 300 € reçu). Remplacez chaque [champ], les dates et les montants par les vôtres.

[nom du bailleur]

[nom du locataire]

Le 26 septembre 2026

Objet : mise en demeure de payer — loyers et charges impayés

Lettre recommandée avec demande d’avis de réception n° ……………………

Madame, Monsieur,

Propriétaire du logement situé [adresse du logement], que je vous loue en vertu du bail en cours, je constate que les loyers et charges ne sont pas intégralement réglés.

Par la présente, je vous mets en demeure de me régler la somme de 1 300,00 €, détaillée dans le décompte joint, dans un délai de 15 jours à compter de la réception de ce courrier.

Si vous rencontrez des difficultés pour payer, je vous invite à me contacter afin d’examiner ensemble un échéancier de paiement. Vous pouvez aussi vous informer gratuitement auprès de l’ADIL de votre département ou de SOS Loyers impayés au 0805 16 00 75 (appel gratuit), notamment sur les aides du fonds de solidarité pour le logement (FSL).

À défaut de règlement ou de réponse de votre part dans ce délai, je me réserve la possibilité de confier le dossier à un commissaire de justice afin d’engager les démarches prévues par la loi pour obtenir le paiement des sommes dues.

Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.

Pièce jointe : décompte des sommes dues.

[nom du bailleur]
Les points clés (3)
  • Aucune durée imposée par l’article 1344 du Code civil ; les modèles de l’ANIL retiennent 15 jours (anil.org).
  • Effet : l’intérêt moratoire au taux légal court à partir de la mise en demeure (article 1344-1 du Code civil).
  • Prescription de 3 ans (article 7-1 de la loi de 1989) : la mise en demeure ne figure pas parmi les causes d’interruption des articles 2240 à 2244 du Code civil.

Quand envoyer une mise en demeure ?

Selon service-public.gouv.fr, le propriétaire peut d’abord rappeler au locataire son obligation de payer le loyer et les charges par une lettre simple ; si cette lettre reste sans effet, il peut lui envoyer une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception. Dans la démarche décrite par cette fiche, la mise en demeure suit donc une lettre de relance restée sans effet.

L’obligation de payer vient de l’article 7 a) de la loi du 6 juillet 1989 : le locataire paie le loyer et les charges aux termes convenus. Exception : si la CAF ou la MSA conserve l’aide au logement parce que le logement a été constaté non décent, le locataire paie le loyer diminué de l’aide, et ce paiement réduit n’est pas un défaut de paiement (article L843-1 du Code de la construction et de l’habitation).

Que contient une mise en demeure ?

L’article 1344 du Code civil ne dresse pas de liste de mentions : le débiteur est mis en demeure « par une sommation ou un acte portant interpellation suffisante » ou, si le contrat le prévoit, par la seule exigibilité de l’obligation. Les textes cités ne fixent pas le contenu d’une lettre de mise en demeure.

Le modèle ci-dessus n’ajoute ni pénalités ni frais de relance : l’article 4 i) et p) de la loi du 6 juillet 1989 répute non écrites les clauses qui prévoient des pénalités en cas d’infraction au bail ou qui font payer au locataire des frais de relance. Il ne parle pas non plus du délai de six semaines ni de la clause résolutoire, qui relèvent du commandement de payer (article 24 de la même loi), ni d’expulsion.

Le modèle contient les éléments suivants :

  • les noms du bailleur et du locataire, l’adresse du logement et le bail concerné (sa date de prise d’effet, si elle est renseignée) ;
  • l’objet « mise en demeure de payer » et une ligne pour le numéro de la lettre recommandée ;
  • la somme réclamée, détaillée dans le décompte des loyers impayés joint : 1 300 € dans l’exemple fictif, soit deux loyers de 800 € moins un paiement de 300 € ;
  • le délai laissé pour payer, 15 jours dans l’exemple, compté à partir de la réception du courrier ;
  • une invitation à prendre contact en cas de difficulté pour examiner un échéancier, et les coordonnées de l’ADIL et de SOS Loyers impayés (0805 16 00 75, appel gratuit, selon service-public.gouv.fr) ;
  • la suite que le bailleur se réserve sans règlement ni réponse : la possibilité de confier le dossier à un commissaire de justice (ex-huissier).

Quel délai laisser au locataire ?

Lire : Quel délai laisser au locataire ?

L’article 1344 du Code civil, qui définit la mise en demeure, ne fixe aucun délai à laisser au débiteur. Les modèles de lettres de l’ANIL retiennent quinze jours : « sous quinzaine » dans sa relance en cas de premier impayé, et « dans les quinze jours après première présentation » de la lettre recommandée dans sa demande de paiement à la caution.

Le modèle ci-dessus laisse 15 jours à compter de la réception du courrier, comme les modèles de l’ANIL ; ce délai reste modifiable (8, 15 ou 30 jours au choix dans le dossier complet). Ce délai n’a pas d’effet sur la clause résolutoire : c’est le commandement de payer qui fait courir le délai de six semaines de l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989 (bail signé depuis le 29 juillet 2023).

Si le bail est couvert par Visale ou par une assurance loyers impayés, le contrat peut prévoir ses propres démarches auprès du locataire, avec leurs délais : ils se lisent dans ce contrat.

Lettre recommandée papier ou électronique : comment l’envoyer ?

Lire : Lettre recommandée papier ou électronique : comment l’envoyer ?

Service-public.gouv.fr décrit l’envoi de la mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception, et l’ANIL conseille le même mode d’envoi pour sa lettre de relance. Le modèle ci-dessus comporte une ligne pour le numéro de la lettre recommandée.

Un envoi recommandé électronique est équivalent à l’envoi par lettre recommandée s’il satisfait aux exigences de l’article 44 du règlement (UE) n° 910/2014 (article L100 du Code des postes et des communications électroniques). Lorsque le destinataire n’est pas un professionnel, il doit avoir exprimé à l’expéditeur son consentement à recevoir des envois recommandés électroniques (même article).

Dans les deux cas, il est utile de conserver une copie du courrier et du décompte, la preuve de dépôt et l’avis de réception.

Faut-il aussi écrire au garant ?

Lire : Faut-il aussi écrire au garant ?

La mise en demeure s’adresse au locataire. L’ANIL conseille d’informer la personne ou l’organisme qui s’est porté caution dès le premier incident de paiement, et de lui adresser un courrier recommandé en cas d’aggravation de la situation : c’est l’objet du courrier d’information à la caution, étape suivante de la chaîne des courriers.

Le délai de 15 jours de l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989 ne concerne pas la mise en demeure : il vise le commandement de payer, qui est signifié à la caution dans les 15 jours de sa signification au locataire. À défaut, la caution ne peut être tenue au paiement des pénalités ou des intérêts de retard.

Pour demander le paiement à la caution elle-même, service-public.gouv.fr distingue deux cas : une caution solidaire peut être sollicitée dès le premier impayé ; pour une caution simple, le propriétaire s’adresse d’abord au locataire par un commandement de payer.

Mise en demeure ou commandement de payer : quelle différence ?

Lire : Mise en demeure ou commandement de payer : quelle différence ?

La mise en demeure est un courrier du bailleur. Le commandement de payer est délivré par un commissaire de justice (ex-huissier), que le bailleur charge de le faire parvenir au locataire, puis à la caution (service-public.gouv.fr). La clause résolutoire du bail ne produit effet qu’après un commandement de payer demeuré infructueux (article 24 de la loi du 6 juillet 1989) : une mise en demeure ne la déclenche pas.

Pour un bail en cours au 29 juillet 2023, c’est le délai prévu par la clause du bail qui s’applique, l’article 24 prévoyant deux mois dans sa rédaction antérieure (Cour de cassation, avis du 13 juin 2024, n° 24-70.002). Pour un bail reconduit ou renouvelé depuis, la question n’est pas tranchée. Le détail est sur la page consacrée au commandement de payer.

Relance, mise en demeure, commandement de payer : trois documents distincts
DocumentQui l’établitEnvoiDélai laisséEffet prévu par les textes
Lettre de relanceLe bailleurLettre simple possible (service-public.gouv.fr)Libre ; « sous quinzaine » dans le modèle de l’ANILRappel de l’obligation de payer (service-public.gouv.fr)
Mise en demeureLe bailleurLettre recommandée avec accusé de réception (service-public.gouv.fr) ou envoi recommandé électronique, avec le consentement d’un destinataire non professionnel (art. L100 CPCE)Fixé par le bailleur ; 15 jours dans les modèles de l’ANILFait courir l’intérêt moratoire au taux légal (art. 1344-1 du Code civil)
Commandement de payerUn commissaire de justice (ex-huissier)Signifié au locataire, puis à la caution dans les 15 jours (art. 24 de la loi de 1989)6 semaines pour un bail signé depuis le 29/07/2023 ; délai de la clause pour un bail en cours à cette date (avis du 13/06/2024)La clause résolutoire ne produit effet qu’après ce délai, si le commandement est demeuré infructueux (art. 24 de la loi de 1989)
Relance, mise en demeure, commandement de payer : trois documents distincts

La mise en demeure interrompt-elle la prescription ?

Lire : La mise en demeure interrompt-elle la prescription ?

Les actions dérivant du bail, dont la réclamation des loyers, se prescrivent par trois ans (article 7-1 de la loi du 6 juillet 1989).

Les articles 2240 à 2244 du Code civil prévoient comme causes d’interruption de la prescription la reconnaissance par le débiteur du droit du créancier, la demande en justice (même en référé), une mesure conservatoire ou un acte d’exécution forcée. Une mise en demeure envoyée par lettre, même recommandée, ne figure pas parmi les causes d’interruption prévues par ces articles.

Le recours à la médiation ou à la conciliation, lorsque les parties en conviennent après la survenance du litige, suspend en revanche la prescription (article 2238 du Code civil). Les règles sont détaillées sur la page prescription des loyers impayés.

Sans paiement : quelles suites ?

Lire : Sans paiement : quelles suites ?

Service-public.gouv.fr décrit d’abord une tentative amiable : un conciliateur de justice (démarche gratuite) ou un médiateur civil (démarche payante). L’article 750-1 du Code de procédure civile impose, sauf exceptions prévues par le texte, une tentative de conciliation, de médiation ou de procédure participative avant une demande en justice tendant au paiement d’une somme n’excédant pas 5 000 €.

Si le bail contient une clause résolutoire, obligatoire dans les baux signés depuis le 29 juillet 2023 selon service-public.gouv.fr, le commandement de payer est délivré par un commissaire de justice. Le rôle de ce professionnel est présenté sur la page commissaire de justice et loyer impayé.

Service-public.gouv.fr décrit aussi l’injonction de payer, qui permet d’obtenir un titre exécutoire pour une dette d’origine contractuelle, certaine, d’un montant déterminé et arrivée à échéance. Pour les loyers et charges d’un bail d’habitation, la demande est portée devant le juge des contentieux de la protection ; une ordonnance rendue à compter du 1er septembre 2026 doit être signifiée par un commissaire de justice dans les 3 mois, et non plus 6, selon la même fiche.

Une ADIL délivre une information gratuite sur ces démarches ; un avocat ou un commissaire de justice peut accompagner le bailleur.

Les suites décrites par les sources officielles
DémarcheQui intervientCe qu’en disent les textes
Conciliation ou médiationConciliateur de justice (gratuit) ou médiateur civil (payant)Tentative préalable exigée, sauf exceptions, avant de saisir le juge pour une somme n’excédant pas 5 000 € (art. 750-1 du Code de procédure civile)
Commandement de payerCommissaire de justice (ex-huissier)La clause résolutoire ne produit effet que 6 semaines après un commandement demeuré infructueux, pour un bail signé depuis le 29/07/2023 (art. 24 de la loi de 1989)
Injonction de payerJuge des contentieux de la protectionDécision rendue sans audience ; procédure ordinaire avec audience si le débiteur fait opposition (service-public.gouv.fr)
Les suites décrites par les sources officielles

Existe-t-il un modèle officiel ?

Lire : Existe-t-il un modèle officiel ?

Service-public.gouv.fr décrit la démarche (lettre simple, puis mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception), mais sa fiche « Loyers impayés et expulsion du locataire » ne propose pas de modèle de mise en demeure parmi ses services et formulaires (fiche consultée le 26 septembre 2026).

L’ANIL publie des modèles de lettres pour la location, dont « Relance en cas de premier impayé » et « Demander les loyers impayés à la caution ». Elle précise qu’ils sont donnés à titre indicatif et qu’il appartient à chacun de vérifier qu’ils correspondent à sa situation.

Le modèle de cette page n’émane d’aucun organisme public : il est rédigé à partir des textes et des fiches cités, et reste à relire avant l’envoi (noms, dates, montants).

Pour aller plus loin, gratuitement

Deux services d’information gratuits, ouverts aux propriétaires comme aux locataires.

  • SOS Loyers impayés

    Numéro vert de l’ANIL, pour les propriétaires comme pour les locataires : appel gratuit, du lundi au vendredi. Les conseillers informent sur les droits, les démarches, les délais, les recours et les aides possibles.

  • L’ADIL de votre département

    Les agences départementales d’information sur le logement délivrent une information neutre et gratuite sur le logement, y compris sur les loyers impayés.

Questions fréquentes

La mise en demeure est-elle obligatoire ?

Service-public.gouv.fr la présente comme une possibilité : après une lettre simple restée sans effet, le propriétaire « peut » envoyer une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception. Elle a un effet propre : elle fait courir l’intérêt moratoire au taux légal (article 1344-1 du Code civil). Elle ne remplace pas le commandement de payer : la clause résolutoire ne produit effet qu’après un commandement de payer demeuré infructueux (article 24 de la loi du 6 juillet 1989).

Peut-on ajouter des pénalités de retard ou des frais de relance ?

Les textes l’excluent : l’article 4 de la loi du 6 juillet 1989 répute non écrites les clauses qui autorisent des amendes ou pénalités en cas d’infraction au bail (i) et celles qui font supporter au locataire des frais de relance (p). Selon service-public.gouv.fr, aucune pénalité de retard ne peut être facturée pour les baux signés, renouvelés ou tacitement reconduits depuis le 27 mars 2014. L’intérêt moratoire au taux légal est distinct : il court à partir de la mise en demeure (article 1344-1 du Code civil).

Peut-on envoyer la mise en demeure par e-mail ?

Service-public.gouv.fr décrit un envoi par lettre recommandée avec accusé de réception. Un envoi recommandé électronique lui est équivalent s’il satisfait aux exigences de l’article 44 du règlement (UE) n° 910/2014, et un destinataire non professionnel doit avoir consenti à recevoir ce type d’envoi (article L100 du Code des postes et des communications électroniques).

Faut-il aussi mettre en demeure le garant ?

L’ANIL propose un modèle distinct, « Demander les loyers impayés à la caution », à envoyer en lettre recommandée avec avis de réception. Pour une caution solidaire, il la met en demeure de payer dans les quinze jours après la première présentation de la lettre ; pour une caution simple, il intervient après un commandement de payer resté infructueux. Le courrier d’information à la caution de cette chaîne, lui, ne demande pas de paiement.

Le locataire propose de payer en plusieurs fois : est-ce possible ?

Le bailleur n’est pas tenu d’accepter un paiement partiel (article 1342-4 du Code civil), mais rien ne l’oblige à le refuser. L’ANIL présente le plan d’apurement comme un accord amiable, écrit, qui prévoit un étalement du remboursement. Le modèle de mise en demeure invite d’ailleurs le locataire à prendre contact pour examiner un échéancier ; voir le plan d’apurement.

Et si le locataire perçoit une aide au logement ?

Le signalement à la CAF ou à la MSA est une démarche distincte. Jusqu’au 31 décembre 2026, le bailleur qui perçoit l’aide signale l’impayé dans les deux mois qui suivent sa constitution ; l’impayé est constitué quand la dette atteint deux fois le montant mensuel du loyer et des charges, aide déduite (articles R824-1 et R824-4 du Code de la construction et de l’habitation). À partir du 1er janvier 2027, l’impayé est constitué trois mois après un premier défaut de paiement toujours non réglé, ou dès que la dette dépasse 450 €, avec le même délai de deux mois (décret n° 2026-84 du 12 février 2026). Voir loyer impayé et CAF.

Sources officielles

Les informations de cette page reprennent les textes et fiches officiels ci-dessous. Les règles peuvent évoluer : la version en ligne de chaque source fait référence.

Sources vérifiées le . Méthode : nos sources et notre vérification.

Information générale, à caractère documentaire : elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.

Lucibail est un outil indépendant, sans lien avec Action Logement (Visale), la CAF, la MSA, l’ANIL, les ADIL ou les administrations dont les sites sont cités, ni avec aucun commissaire de justice ou avocat. Ces organismes et professions sont cités à titre d’information : leur mention n’implique ni partenariat, ni agrément, ni approbation de ce contenu.

Voir les 25 textes et fiches officiels

Légifrance

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