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Guide pratiqueMis à jour le

Commandement de payer pour loyer impayé : délai, coût, préparation

La réponse courte

Bail signé depuis le 29 juillet 2023 : la clause résolutoire ne produit effet que six semaines après un commandement demeuré infructueux (loi 1989, art. 24). Bail en cours à cette date : délai de la clause, l’ancien article 24 prévoyant deux mois (Cass., avis n° 24-70.002).

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Calculez le délai du commandement de payer

La date de signature du bail détermine le délai laissé au locataire après le commandement de payer. Vos saisies ne sont pas enregistrées.

Elle figure sur l’acte du commissaire de justice.

Repère indicatif selon vos saisies. Le décompte exact d’un délai (point de départ, report éventuel d’un samedi, d’un dimanche ou d’un jour férié) relève du commissaire de justice qui a délivré l’acte.

Les points clés (3)
  • Bail signé avant le 29/07/2023, reconduit tacitement ou renouvelé depuis : l’avis n° 24-70.002 ne tranche pas ce cas (questions jugées irrecevables) ; le calcul du délai affiche les deux hypothèses.
  • Signification à la caution dans les 15 jours qui suivent celle faite au locataire (article 24).
  • Délais de paiement que le juge peut accorder : 3 ans au plus (article 24, V).

Qu’est-ce qu’un commandement de payer, et qui le délivre ?

Depuis le 29 juillet 2023, l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989 prévoit que tout bail d’habitation contient une clause résolutoire : une clause de résiliation de plein droit pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus, ou pour non-versement du dépôt de garantie. Cette clause ne produit effet qu’après un commandement de payer demeuré infructueux. service-public.gouv.fr le résume ainsi : le bail signé à partir du 29 juillet 2023 contient obligatoirement une clause résolutoire. La clause elle-même est présentée sur la page clause résolutoire et loyer impayé.

Selon service-public.gouv.fr, le bailleur charge un commissaire de justice (ex-huissier) de faire parvenir le commandement de payer au locataire, puis à sa caution. C’est un acte de commissaire de justice : cette page explique ce qu’il contient, sans en proposer de modèle. Pour situer cette étape dans l’ensemble de la procédure, voir toutes les étapes d’un loyer impayé.

Six semaines ou deux mois : quel délai selon la date du bail ?

Pour un bail signé à partir du 29 juillet 2023, date d’entrée en vigueur de la loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023, la clause résolutoire ne produit effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux (article 24 de la loi du 6 juillet 1989). Avant cette loi, l’article 24 prévoyait deux mois, comme le rappelle l’avis de la Cour de cassation du 13 juin 2024 (n° 24-70.002).

Pour les baux en cours au 29 juillet 2023, cet avis indique que les nouvelles dispositions « n’ont pas pour effet de modifier les délais figurant dans les clauses contractuelles ». Ces contrats « demeurent régis par les stipulations des parties » : c’est le délai écrit dans la clause qui s’applique (Cour de cassation, avis n° 24-70.002).

Pour un bail signé avant le 29 juillet 2023, puis reconduit tacitement ou renouvelé depuis, l’avis ne tranche pas la question : la Cour de cassation l’a jugée irrecevable, parce qu’elle ne commandait pas l’issue du litige. service-public.gouv.fr indique, pour sa part, que l’obligation d’intégrer la clause résolutoire « s’applique déjà aux baux conclus ou renouvelés depuis le 29 juillet 2023 » (actualité du 23 septembre 2026), et que la résiliation « ne peut toutefois intervenir qu’après un commandement de payer demeuré sans effet pendant 6 semaines », sans préciser le délai applicable à la clause d’un bail antérieur ainsi reconduit ou renouvelé. L’outil de calcul du délai affiche alors les deux hypothèses, sans choisir entre elles.

L’outil de calcul du délai, en haut de page, part de la date de signature du bail et de la date de délivrance du commandement. Il retient six semaines pour un bail signé après le 29 juillet 2023 (article 24) et, pour un bail antérieur, le délai de la clause que l’utilisateur indique (2 ou 3 mois ; 2 par défaut, délai que prévoyait l’article 24 avant la loi n° 2023-668). Pour un bail signé le 29 juillet 2023 même, jour de l’entrée en vigueur de la loi, ou reconduit ou renouvelé depuis, il affiche par prudence les deux hypothèses. La date de fin qu’il donne (délivrance plus 42 jours, ou plus le nombre de mois de la clause) est indicative : elle n’est pas reportée si elle tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié.

Délai après le commandement de payer, selon la date du bail
Situation du bailDélai avant que la clause résolutoire produise effetSource
Bail signé à partir du 29/07/20236 semaines après un commandement de payer demeuré infructueuxArticle 24 de la loi du 6 juillet 1989
Bail en cours au 29/07/2023Délai prévu par la clause du bail (l’article 24 prévoyait 2 mois avant la loi n° 2023-668)Cour de cassation, avis du 13 juin 2024, n° 24-70.002
Bail signé avant le 29/07/2023, reconduit tacitement ou renouvelé depuisPoint non tranché par l’avis n° 24-70.002 : délai de la clause ou 6 semainesQuestion jugée irrecevable par l’avis n° 24-70.002
Bail sans clause résolutoirePas de délai de clause : le bailleur saisit le juge des contentieux de la protection pour demander le paiement de la dette, la résiliation du bail et l’expulsionservice-public.gouv.fr (fiche « Loyers impayés et expulsion du locataire », cas « Autre bail d’habitation »)
Délai après le commandement de payer, selon la date du bail

Que doit contenir le commandement de payer ?

Lire : Que doit contenir le commandement de payer ?

L’article 24 de la loi du 6 juillet 1989 énumère six mentions que le commandement contient « à peine de nullité ». service-public.gouv.fr le dit plus simplement : sans ces informations, l’acte n’a pas de valeur. Elles figurent dans l’acte du commissaire de justice ; plusieurs d’entre elles, comme le montant du loyer et des charges ou le décompte de la dette, reprennent des éléments du dossier du bailleur.

  • 1° La mention que le locataire dispose d’un délai de six semaines pour payer sa dette.
  • 2° Le montant mensuel du loyer et des charges.
  • 3° Le décompte de la dette.
  • 4° L’avertissement qu’à défaut de paiement ou d’avoir sollicité des délais de paiement, le locataire s’expose à une procédure judiciaire de résiliation de son bail et d’expulsion.
  • 5° La possibilité pour le locataire de saisir le fonds de solidarité pour le logement (FSL) de son département, dont l’adresse est précisée, pour solliciter une aide financière.
  • 6° La possibilité pour le locataire de saisir, à tout moment, la juridiction compétente pour demander un délai de grâce (article 1343-5 du Code civil).

Combien coûte un commandement de payer, et qui le paie ?

Lire : Combien coûte un commandement de payer, et qui le paie ?

En métropole, service-public.gouv.fr indique que le commandement de payer les loyers et les charges est tarifé 15,47 €, 30,95 € ou 61,90 € TVA incluse, selon que la créance est de 128 € au plus, de plus de 128 € et jusqu’à 1 280 €, ou de plus de 1 280 €, hors droit d’engagement de poursuites ; ce tarif est majoré, si besoin, de 11,28 € de frais de déplacement par signification (fiche vérifiée le 9 mars 2026). Les autres actes, les tarifs d’outre-mer et la question de savoir qui supporte ces frais sont traités sur la page consacrée au commissaire de justice (ex-huissier) : rôle et tarifs.

Quand la caution reçoit-elle le commandement ?

Lire : Quand la caution reçoit-elle le commandement ?

Lorsque le bail est garanti par un cautionnement, le commandement de payer est signifié à la caution dans un délai de quinze jours à compter de sa signification au locataire. À défaut, la caution ne peut être tenue au paiement des pénalités ou intérêts de retard (article 24 de la loi du 6 juillet 1989). Les clauses du bail qui prévoient des pénalités en cas d’infraction au bail sont par ailleurs réputées non écrites (article 4 i) de la même loi).

L’outil de calcul du délai indique cette échéance (date de délivrance plus 15 jours) à titre indicatif. L’information de la caution en amont, par un simple courrier, est expliquée sur la page prévenir le garant d’un loyer impayé.

Quand le commandement est-il signalé à la CCAPEX ?

Lire : Quand le commandement est-il signalé à la CCAPEX ?

L’article 24 de la loi du 6 juillet 1989 prévoit que les commandements de payer délivrés pour un bailleur personne physique, ou pour une société civile constituée exclusivement entre parents et alliés jusqu’au quatrième degré inclus, sont signalés par le commissaire de justice à la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives (CCAPEX). Ce signalement a lieu lorsque le locataire est en impayé de loyer ou de charges sans interruption depuis deux mois, ou lorsque sa dette équivaut à deux fois le montant du loyer mensuel hors charges.

Le signalement se fait par voie électronique, par un système d’information dédié (article 24). service-public.gouv.fr le rappelle : c’est le commissaire de justice qui délivre le commandement de payer qui le signale à la CCAPEX. Les bailleurs personnes morales autres qu’une telle société civile ne peuvent faire délivrer une assignation aux fins de constat de la résiliation du bail qu’après l’expiration d’un délai de deux mois suivant la saisine de la CCAPEX, sous peine d’irrecevabilité (article 24, II).

Quelles informations réunir pour le commissaire de justice ?

Lire : Quelles informations réunir pour le commissaire de justice ?

Plusieurs éléments de l’acte viennent directement du dossier du bailleur. La liste ci-dessous les rattache aux textes cités sur cette page. Le dossier de suivi (payant) les regroupe dans une synthèse destinée à un professionnel.

  • Le bail : sa date de signature détermine le délai applicable (article 24 ; avis n° 24-70.002), et il contient la clause résolutoire.
  • Le montant mensuel du loyer et des charges, repris par la mention 2° de l’article 24.
  • Le décompte de la dette, repris par la mention 3° : le décompte des loyers impayés mois par mois le présente échéance par échéance.
  • L’acte de cautionnement, s’il existe : le commandement est signifié à la caution dans les 15 jours (article 24).
  • Les courriers déjà envoyés, comme la mise en demeure de payer, et les paiements reçus depuis, qui retracent l’historique de la dette.

Que se passe-t-il à l’expiration du délai ?

Lire : Que se passe-t-il à l’expiration du délai ?

Selon service-public.gouv.fr, si le locataire a remboursé toute sa dette dans le délai, il peut rester dans le logement ; sinon, le bailleur peut l’assigner devant le juge. L’assignation aux fins de constat de la résiliation est notifiée, à la diligence du commissaire de justice, au représentant de l’État dans le département au moins six semaines avant l’audience ; un organisme réalise alors un diagnostic social et financier, transmis au juge avant l’audience (article 24, III, de la loi du 6 juillet 1989).

Le juge peut vérifier d’office tout élément constitutif de la dette locative (article 24, V). Il peut aussi, à la demande du locataire, du bailleur ou d’office, accorder des délais de paiement dans la limite de trois ans, à condition que le locataire soit en situation de régler sa dette et ait repris le versement intégral du loyer courant avant l’audience (article 24, V).

Lorsque le juge est saisi en ce sens par le bailleur ou par le locataire, et si celui-ci a repris le versement intégral du loyer courant avant l’audience, les effets de la clause peuvent être suspendus pendant les délais accordés. Si le locataire se libère de sa dette dans le délai et selon les modalités fixés par le juge, la clause de résiliation de plein droit est réputée ne pas avoir joué (article 24, VII). L’enchaînement de ces délais figure dans le tableau de tous les délais d’un loyer impayé.

Et pendant la trêve hivernale ?

Lire : Et pendant la trêve hivernale ?

Du 1er novembre au 31 mars de l’année suivante, il est sursis à toute mesure d’expulsion non exécutée, sauf si le relogement des intéressés est assuré dans des conditions suffisantes respectant l’unité et les besoins de la famille (article L. 412-6 du code des procédures civiles d’exécution). Ce texte porte sur les mesures d’expulsion : il ne mentionne ni le commandement de payer, ni le loyer, ni la dette.

service-public.gouv.fr précise que la trêve hivernale « ne supprime pas les dettes de loyer accumulées ». Pendant cette période, un propriétaire peut saisir le juge des contentieux de la protection (service-public.gouv.fr, fiche « Quand s’applique la trêve hivernale ? »). Le détail figure sur la page trêve hivernale et loyer impayé.

Pour aller plus loin, gratuitement

Deux services d’information gratuits, ouverts aux propriétaires comme aux locataires.

  • SOS Loyers impayés

    Numéro vert de l’ANIL, pour les propriétaires comme pour les locataires : appel gratuit, du lundi au vendredi. Les conseillers informent sur les droits, les démarches, les délais, les recours et les aides possibles.

  • L’ADIL de votre département

    Les agences départementales d’information sur le logement délivrent une information neutre et gratuite sur le logement, y compris sur les loyers impayés.

Questions fréquentes

Le bailleur peut-il délivrer lui-même un commandement de payer ?

Non. Selon service-public.gouv.fr, le bailleur charge un commissaire de justice (ex-huissier) de faire parvenir le commandement au locataire, puis à sa caution. C’est pourquoi cette page n’en propose aucun modèle, contrairement aux courriers amiables.

Quel délai pour un bail signé avant le 29 juillet 2023 ?

Pour un bail en cours au 29 juillet 2023, la Cour de cassation a indiqué que la loi du 27 juillet 2023 ne modifie pas les délais écrits dans les clauses des baux en cours (avis du 13 juin 2024, n° 24-70.002). C’est donc le délai de la clause qui s’applique. Avant cette loi, l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989 prévoyait deux mois.

Et si le bail a été reconduit ou renouvelé après le 29 juillet 2023 ?

L’avis de la Cour de cassation ne tranche pas ce cas. Dans cet avis du 13 juin 2024 (n° 24-70.002), la Cour a jugé irrecevables les questions portant sur un bail tacitement reconduit ou renouvelé après l’entrée en vigueur de la loi, car elles ne commandaient pas l’issue du litige. service-public.gouv.fr indique que l’obligation d’intégrer la clause résolutoire « s’applique déjà aux baux conclus ou renouvelés depuis le 29 juillet 2023 » (actualité du 23 septembre 2026), et que la résiliation « ne peut toutefois intervenir qu’après un commandement de payer demeuré sans effet pendant 6 semaines », sans préciser le délai applicable à la clause d’un bail antérieur. L’outil de calcul du délai affiche les deux hypothèses : délai de la clause ou six semaines.

Le locataire peut-il demander des délais après avoir reçu le commandement ?

Oui. Le commandement mentionne la possibilité pour le locataire de saisir à tout moment le juge pour demander un délai de grâce (article 24, I, 6°, de la loi du 6 juillet 1989). Le juge peut aussi accorder des délais de paiement dans la limite de trois ans, à la demande du locataire, du bailleur ou d’office (article 24, V).

Que se passe-t-il si la caution ne reçoit pas le commandement dans les 15 jours ?

L’article 24 de la loi du 6 juillet 1989 prévoit qu’à défaut de signification dans les quinze jours suivant celle faite au locataire, la caution ne peut être tenue au paiement des pénalités ou intérêts de retard. Le délai court à compter de la signification du commandement au locataire.

La trêve hivernale suspend-elle le commandement de payer ?

L’article L. 412-6 du code des procédures civiles d’exécution suspend, du 1er novembre au 31 mars, les mesures d’expulsion non exécutées ; il ne mentionne pas le commandement de payer. service-public.gouv.fr précise que la trêve « ne supprime pas les dettes de loyer accumulées ».

Sources officielles

Les informations de cette page reprennent les textes et fiches officiels ci-dessous. Les règles peuvent évoluer : la version en ligne de chaque source fait référence.

Sources vérifiées le . Méthode : nos sources et notre vérification.

Information générale, à caractère documentaire : elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.

Lucibail est un outil indépendant, sans lien avec Action Logement (Visale), la CAF, la MSA, l’ANIL, les ADIL ou les administrations dont les sites sont cités, ni avec aucun commissaire de justice ou avocat. Ces organismes et professions sont cités à titre d’information : leur mention n’implique ni partenariat, ni agrément, ni approbation de ce contenu.

Voir les 9 textes et fiches officiels

Historique des mises à jour

  • — Création de la page.
  • — Réponse courte resserrée (2 phrases) et 3 points clés au plus ; les précisions retirées sont reprises dans les parties de la page.
  • — Réponse courte : cas du bail en cours au 29/07/2023 (délai de la clause, deux mois dans l’ancien article 24) ; bail reconduit ou renouvelé présenté comme non tranché par l’avis n° 24-70.002, avec l’actualité service-public.gouv.fr du 23/09/2026 ; liens vers l’outil de calcul (#outil) ; tarif du commandement de payer (fiche F32973) ; sources revérifiées.

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