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Qu’est-ce qu’une reconnaissance de dette ?

La reconnaissance de dette signée par le débiteur, pour réclamer un paiement, figure parmi les exemples d’actes sous signature privée, à côté du contrat de location (service-public.gouv.fr, fiche sur les modes de preuve). Le Code civil règle la preuve de l’acte sous signature privée « par lequel une seule partie s’engage envers une autre à lui payer une somme d’argent » (art. 1376). Pour un loyer impayé, le débiteur est le locataire et le créancier est le bailleur.

La reconnaissance de dette peut prendre deux formes : l’acte sous signature privée, rédigé par le débiteur et le créancier, ou l’acte authentique, établi par un notaire. L’acte notarié a force exécutoire : en cas de non-remboursement, il permet au créancier de poursuivre le débiteur sans devoir d’abord faire appel au juge (service-public.gouv.fr, fiche « Reconnaissance de dette entre particuliers »).

Cette fiche porte sur une somme prêtée entre particuliers, et le modèle vers lequel elle renvoie s’intitule « Modèle de reconnaissance de dettes ou de prêts entre particuliers » (service-public.gouv.fr). La liste des modèles de lettres de l’ANIL pour la location ne contient pas de reconnaissance de dette. Cette page ne propose donc pas de modèle : elle reprend les éléments exigés ou cités par les sources officielles.

Les points clés (3)
  • Preuve : signature du locataire et somme écrite par lui-même, en toutes lettres et en chiffres ; en cas de différence, la somme en lettres l’emporte (Code civil, art. 1376).
  • Prescription : la reconnaissance interrompt le délai de 3 ans, et un nouveau délai de même durée recommence (Code civil, art. 2240 et 2231 ; loi 1989, art. 7-1).
  • Garant : la reconnaissance du locataire interrompt aussi la prescription contre la caution (Code civil, art. 2246).

Quelles mentions doit-elle comporter ?

Pour faire preuve, l’acte sous signature privée par lequel une seule partie s’engage à payer une somme d’argent comporte la signature de celui qui s’engage et la mention, écrite par lui-même, de la somme en toutes lettres et en chiffres. En cas de différence, l’acte vaut preuve pour la somme écrite en toutes lettres (Code civil, art. 1376). L’acte sous signature privée contresigné par l’avocat de chaque partie, ou par un avocat commun, est dispensé de toute mention manuscrite exigée par la loi (Code civil, art. 1374).

La fiche « Reconnaissance de dette entre particuliers » de service-public.gouv.fr, rédigée pour une somme prêtée, présente d’autres informations comme obligatoires. Le tableau ci-dessous les reprend, chacune avec sa source.

Aucune des sources consultées ne fixe de mention propre à une dette de loyer. Le décompte des loyers impayés mois par mois détaille la somme due, mois de loyer par mois de loyer, avec les paiements reçus.

Éléments d’une reconnaissance de dette sous signature privée, selon les sources officielles
ÉlémentCe qu’en dit la sourceSource
Signature du débiteur (le locataire)Nécessaire pour que l’acte fasse preuveCode civil, art. 1376 ; service-public.gouv.fr
Somme écrite par le débiteur lui-même, en toutes lettres et en chiffresEn cas de différence, l’acte vaut preuve pour la somme écrite en toutes lettresCode civil, art. 1376 ; service-public.gouv.fr pour les lettres et les chiffres, sans préciser qui écrit la somme
Date de la reconnaissance de dettePrésentée comme obligatoireservice-public.gouv.fr (fiche rédigée pour un prêt)
Nom, prénom, adresse, date et lieu de naissance du débiteur et du créancierPrésentés comme obligatoiresservice-public.gouv.fr (fiche rédigée pour un prêt)
Date à laquelle le paiement de la dette sera exigiblePrésentée comme obligatoireservice-public.gouv.fr (fiche rédigée pour un prêt)
Taux d’intérêtSeulement s’il est prévu, sans dépasser le taux de l’usureservice-public.gouv.fr (fiche rédigée pour un prêt)
Éléments d’une reconnaissance de dette sous signature privée, selon les sources officielles

Quel effet sur la prescription des loyers impayés ?

Lire : Quel effet sur la prescription des loyers impayés ?

Les actions dérivant d’un bail se prescrivent par trois ans, à compter du jour où le titulaire d’un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l’exercer (loi du 6 juillet 1989, art. 7-1). La reconnaissance, par le débiteur, du droit de celui contre lequel il prescrivait interrompt ce délai (Code civil, art. 2240).

L’interruption efface le délai de prescription acquis et fait courir un nouveau délai de même durée que l’ancien (Code civil, art. 2231). La reconnaissance du débiteur principal interrompt aussi le délai contre la caution (art. 2246). Entre débiteurs solidaires, la reconnaissance de l’un interrompt le délai contre tous les autres (art. 2245).

La fiche de service-public.gouv.fr sur la reconnaissance de dette entre particuliers indique une prescription de 5 ans après la date d’exigibilité : elle vise une somme prêtée. Pour les loyers, les textes cités ci-dessus prévoient trois ans, puis un nouveau délai de même durée après l’interruption. Le détail figure sur la page prescription des loyers impayés.

Reconnaissance de dette, échéancier, reçu : quelles différences ?

Lire : Reconnaissance de dette, échéancier, reçu : quelles différences ?

Ces documents n’ont ni le même auteur ni le même objet. L’article 2240 du Code civil ne précise pas la forme de la reconnaissance ; il ne dit pas si un échéancier signé par le locataire en constitue une.

Reconnaissance de dette, plan d’apurement, reçu et mise en demeure comparés
DocumentQui l’établitContenu ou effetSource
Reconnaissance de detteLe locataire, qui la signe et écrit lui-même la somme (acte sous signature privée)Engagement de payer une somme ; interrompt la prescriptionCode civil, art. 1376 et 2240
Plan d’apurementLe bailleur et le locataireAccord amiable, écrit, qui étale le remboursement de la dette sur quelques moisanil.org
Reçu de paiement partielLe bailleurDélivré quand le locataire effectue un paiement partielLoi du 6 juillet 1989, art. 21
Mise en demeureLe bailleur, par lettre recommandée avec accusé de réceptionNe figure pas parmi les causes d’interruption de la prescriptionservice-public.gouv.fr ; Code civil, art. 2240 à 2244
Reconnaissance de dette, plan d’apurement, reçu et mise en demeure comparés

Que devient l’original, et que se passe-t-il en cas de non-paiement ?

Lire : Que devient l’original, et que se passe-t-il en cas de non-paiement ?

Le créancier garde l’original de la reconnaissance de dette jusqu’au remboursement total. Une fois la dette entièrement payée, il remet au débiteur soit l’original, soit une quittance (service-public.gouv.fr, fiche « Reconnaissance de dette entre particuliers »). Pour un loyer, le bailleur transmet gratuitement une quittance au locataire qui en fait la demande (loi du 6 juillet 1989, art. 21).

Pour une reconnaissance sous signature privée restée impayée, la même fiche décrit une mise en demeure, puis des voies de recouvrement engagées « à l’appui de la reconnaissance de dette ». Les démarches possibles pour une dette de loyer sont présentées sur la page récupérer un loyer impayé sans avocat.

Pour aller plus loin, gratuitement

Deux services d’information gratuits, ouverts aux propriétaires comme aux locataires.

  • SOS Loyers impayés

    Numéro vert de l’ANIL, pour les propriétaires comme pour les locataires : appel gratuit, du lundi au vendredi. Les conseillers informent sur les droits, les démarches, les délais, les recours et les aides possibles.

  • L’ADIL de votre département

    Les agences départementales d’information sur le logement délivrent une information neutre et gratuite sur le logement, y compris sur les loyers impayés.

Questions fréquentes

Une reconnaissance de dette est-elle obligatoire pour un loyer impayé ?

Aucun des textes cités sur cette page n’oblige le locataire à en signer une. La fiche de service-public.gouv.fr qui la présente comme obligatoire à partir de 1 500 € porte sur une somme prêtée entre particuliers ; elle ne traite pas des loyers. Le contrat de location figure, lui, parmi les écrits qui permettent de réclamer le paiement du loyer (service-public.gouv.fr, fiche sur les modes de preuve).

Une reconnaissance de dette interrompt-elle la prescription des loyers ?

Oui : la reconnaissance, par le débiteur, du droit du créancier interrompt le délai de prescription (Code civil, art. 2240). Un nouveau délai de même durée que l’ancien commence alors (art. 2231). Pour les actions dérivant du bail, ce délai est de trois ans (loi du 6 juillet 1989, art. 7-1).

La reconnaissance du locataire a-t-elle un effet pour la caution ?

Oui : la reconnaissance du débiteur principal interrompt le délai de prescription contre la caution (Code civil, art. 2246). Les autres règles propres au garant, dont le délai de signification du commandement de payer, sont présentées sur la page garant et loyer impayé.

Signer un échéancier, est-ce signer une reconnaissance de dette ?

L’article 2240 du Code civil ne précise pas la forme de la reconnaissance et ne dit pas si un échéancier signé en constitue une. L’ANIL présente le plan d’apurement comme un accord amiable, écrit, qui étale le remboursement de la dette sur quelques mois. L’ADIL du département répond gratuitement aux questions liées au logement (anil.org).

Peut-on ajouter des pénalités de retard à la somme reconnue ?

Les clauses du bail qui autorisent le bailleur à percevoir des amendes ou des pénalités en cas d’infraction au bail sont réputées non écrites (loi du 6 juillet 1989, art. 4 i)). Les frais de retard ne peuvent pas être facturés pour un bail signé, renouvelé ou tacitement reconduit depuis le 27 mars 2014 (service-public.gouv.fr). La page pénalités et frais de retard de loyer détaille ce qui peut être réclamé.

Faut-il passer chez un notaire ?

Non : service-public.gouv.fr présente l’acte sous signature privée et l’acte notarié comme deux formes possibles. L’acte notarié a force exécutoire, c’est-à-dire qu’il permet au créancier de poursuivre le débiteur en cas de non-remboursement sans devoir d’abord faire appel au juge (fiche « Reconnaissance de dette entre particuliers »).

Sources officielles

Les informations de cette page reprennent les textes et fiches officiels ci-dessous. Les règles peuvent évoluer : la version en ligne de chaque source fait référence.

Sources vérifiées le . Méthode : nos sources et notre vérification.

Information générale, à caractère documentaire : elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.

Lucibail est un outil indépendant, sans lien avec Action Logement (Visale), la CAF, la MSA, l’ANIL, les ADIL ou les administrations dont les sites sont cités, ni avec aucun commissaire de justice ou avocat. Ces organismes et professions sont cités à titre d’information : leur mention n’implique ni partenariat, ni agrément, ni approbation de ce contenu.

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