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Pénalités, frais, intérêts : que prévoient les textes ?

Les pénalités de retard et les frais de relance ne peuvent pas être mis à la charge du locataire par le bail : ces clauses sont réputées non écrites (loi 1989, art. 4 i et p). L’intérêt au taux légal obéit à une autre règle : il court à compter de la mise en demeure (C. civ., art. 1231-6).

Retard de paiement du loyer : sommes interdites et sommes encadrées
SommeRègleSource
Amende ou pénalité de retard prévue au bailClause réputée non écrite ; frais de retard interdits pour un bail signé, renouvelé ou tacitement reconduit depuis le 27/03/2014Loi 1989, art. 4 i) ; service-public.gouv.fr
Frais de relanceClause réputée non écriteLoi 1989, art. 4 p)
Frais d’expédition de la quittanceClause réputée non écriteLoi 1989, art. 4 p)
Frais de procédure mis à la charge du locataire par le bail, en plus des dépens et de l’article 700 du Code de procédure civileClause réputée non écriteLoi 1989, art. 4 p)
Intérêt au taux légalCourt à compter de la mise en demeure, sans que le créancier justifie d’une perteC. civ., art. 1231-6 et 1344-1
Dommages et intérêts distinctsPossibles si le débiteur en retard a causé, par sa mauvaise foi, un préjudice indépendant de ce retardC. civ., art. 1231-6
Retard de paiement du loyer : sommes interdites et sommes encadrées
Les points clés (3)
  • Pénalités et frais de retard : interdits pour un bail signé, renouvelé ou tacitement reconduit depuis le 27/03/2014 (loi 1989, art. 4 i ; service-public.gouv.fr).
  • Frais de relance et d’expédition de la quittance : clause réputée non écrite (loi 1989, art. 4 p).
  • Intérêt au taux légal dès la mise en demeure : 6,84 % ou 2,75 % au second semestre 2026, selon le créancier (C. civ., art. 1231-6 ; arrêté du 26 juin 2026).

Un bail peut-il prévoir des pénalités de retard ?

Non : la loi du 6 juillet 1989 répute non écrite toute clause qui autorise le bailleur à percevoir des amendes ou des pénalités en cas d’infraction aux clauses du contrat de location (art. 4 i). Le propriétaire, ou l’agence, a interdiction de facturer des frais de retard, c’est-à-dire une amende ou des pénalités inscrites dans le bail (service-public.gouv.fr).

Cette interdiction vaut pour le bail d’habitation vide ou meublé signé, renouvelé ou tacitement reconduit depuis le 27 mars 2014, ainsi que pour le bail mobilité (service-public.gouv.fr). Une clause qui autoriserait ces pénalités doit être ignorée, comme si elle n’existait pas (service-public.gouv.fr).

Le bailleur peut-il facturer des frais de relance ?

Lire : Le bailleur peut-il facturer des frais de relance ?

Non. Est réputée non écrite la clause qui fait supporter au locataire des frais de relance ou d’expédition de la quittance (loi 1989, art. 4 p). Le même alinéa vise les frais de procédure mis à sa charge en plus des sommes versées au titre des dépens et de l’article 700 du Code de procédure civile.

Ces règles portent sur les clauses du bail. Dans une procédure pour impayés, le juge peut notamment condamner le locataire à payer les frais engagés par le propriétaire pour obtenir la résiliation du bail et l’expulsion (service-public.gouv.fr).

La lettre de relance gratuite et le décompte des loyers impayés proposés sur ce site ne comportent ni pénalités ni frais de relance.

À partir de quand l’intérêt au taux légal court-il ?

Les dommages et intérêts dus pour le retard de paiement d’une somme d’argent consistent dans l’intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure (C. civ., art. 1231-6). Ils sont dus sans que le créancier ait à justifier d’une perte (même article).

Lire la suite : À partir de quand l’intérêt au taux légal court-il ?

La mise en demeure de payer une somme d’argent fait courir cet intérêt moratoire (C. civ., art. 1344-1). Elle résulte notamment d’une sommation ou d’un acte portant interpellation suffisante (C. civ., art. 1344). La page mise en demeure de payer un loyer en présente le modèle.

Le créancier auquel le débiteur en retard a causé, par sa mauvaise foi, un préjudice indépendant de ce retard peut obtenir des dommages et intérêts distincts de l’intérêt moratoire (C. civ., art. 1231-6).

Quel est le taux de l’intérêt légal en 2026 ?

Le taux de l’intérêt légal est fixé par arrêté du ministre chargé de l’économie et calculé chaque semestre (CMF, art. L313-2). Il comprend un taux applicable lorsque le créancier est une personne physique n’agissant pas pour des besoins professionnels, et un taux pour tous les autres cas (même article).

Pour le second semestre 2026, ces taux sont de 6,84 % et de 2,75 %, à compter du 1er juillet 2026 (arrêté du 26 juin 2026, art. 1 et 2). Au premier semestre 2026, ils étaient de 6,67 % et de 2,62 % (arrêté du 15 décembre 2025).

Ces textes ne précisent pas dans quelle catégorie se range un bailleur particulier qui loue un logement. Les fiches officielles consultées ne tranchent pas ce point ; l’ADIL du département délivre une information juridique gratuite.

Taux de l’intérêt légal en 2026, selon le créancier
PériodeCréancier personne physique n’agissant pas pour des besoins professionnelsTous les autres casSource
1er semestre 20266,67 %2,62 %Arrêté du 15 décembre 2025
2d semestre 2026 (depuis le 1er juillet 2026)6,84 %2,75 %Arrêté du 26 juin 2026
Taux de l’intérêt légal en 2026, selon le créancier

Comment se calculent les intérêts au taux légal ?

La somme due est multipliée par le nombre de jours de retard et par le taux applicable sur la période, puis le résultat est divisé par 365 (service-public.gouv.fr, « Calcul de l’intérêt légal »). La fiche précise qu’il convient d’utiliser 365 même pour 2020, année bissextile.

Lire la suite : Comment se calculent les intérêts au taux légal ?

Si le retard couvre plusieurs semestres, l’intérêt se calcule pour chaque période avec son taux, puis les montants s’additionnent (même fiche). Cette fiche présente le calcul pour une somme fixée par une décision de justice ; pour un retard de paiement, l’intérêt part de la mise en demeure (C. civ., art. 1231-6).

Les outils gratuits de ce site ne calculent aucun intérêt : le décompte mois par mois s’en tient aux loyers dus et aux paiements reçus.

Que changent un jugement ou la caution ?

En cas de condamnation pécuniaire par décision de justice, le taux de l’intérêt légal est majoré de cinq points à l’expiration d’un délai de deux mois à compter du jour où la décision est devenue exécutoire (CMF, art. L313-3). Le juge de l’exécution peut, à la demande du débiteur ou du créancier et selon la situation du débiteur, l’exonérer de cette majoration ou en réduire le montant (même article).

Lire la suite : Que changent un jugement ou la caution ?

Le commandement de payer est signifié à la caution dans les 15 jours de sa signification au locataire. À défaut, la caution ne peut être tenue au paiement des pénalités ou intérêts de retard (loi 1989, art. 24). L’information du garant par courrier est détaillée sur la page prévenir le garant d’un loyer impayé.

Pour aller plus loin, gratuitement

Deux services d’information gratuits, ouverts aux propriétaires comme aux locataires.

  • SOS Loyers impayés

    Numéro vert de l’ANIL, pour les propriétaires comme pour les locataires : appel gratuit, du lundi au vendredi. Les conseillers informent sur les droits, les démarches, les délais, les recours et les aides possibles.

  • L’ADIL de votre département

    Les agences départementales d’information sur le logement délivrent une information neutre et gratuite sur le logement, y compris sur les loyers impayés.

Questions fréquentes

Une clause de pénalités de retard dans le bail est-elle valable ?

Non. Est réputée non écrite toute clause qui autorise le bailleur à percevoir des amendes ou des pénalités en cas d’infraction au contrat de location (loi 1989, art. 4 i). L’interdiction vaut pour les baux vides ou meublés signés, renouvelés ou tacitement reconduits depuis le 27 mars 2014, et pour le bail mobilité (service-public.gouv.fr).

Peut-on facturer des frais de relance au locataire ?

Non. La clause qui fait supporter au locataire des frais de relance ou d’expédition de la quittance est réputée non écrite (loi 1989, art. 4 p). Les modèles de lettre de relance et de décompte de ce site n’en comportent pas.

À partir de quand les intérêts de retard courent-ils ?

À compter de la mise en demeure : les dommages et intérêts dus pour le retard de paiement d’une somme d’argent consistent dans l’intérêt au taux légal (C. civ., art. 1231-6). La mise en demeure de payer fait courir cet intérêt sans que le créancier ait à justifier d’un préjudice (C. civ., art. 1344-1).

Quel taux d’intérêt légal pour un bailleur particulier ?

Pour le second semestre 2026, le taux est de 6,84 % pour les créances des personnes physiques n’agissant pas pour des besoins professionnels, et de 2,75 % dans les autres cas (arrêté du 26 juin 2026). Les textes consultés ne disent pas dans quelle catégorie se range un bailleur particulier. L’ADIL du département délivre une information juridique gratuite.

Le décompte des loyers impayés inclut-il les intérêts ?

Non. Les outils gratuits de ce site s’en tiennent aux loyers dus et aux paiements reçus. Pour une somme fixée par une décision de justice, le calcul décrit par service-public.gouv.fr multiplie la somme due par le nombre de jours de retard et par le taux de la période, puis divise le résultat par 365.

La caution doit-elle payer les intérêts de retard ?

Le commandement de payer est signifié à la caution dans les 15 jours de sa signification au locataire. À défaut, la caution ne peut être tenue au paiement des pénalités ou intérêts de retard (loi 1989, art. 24).

Sources officielles

Les informations de cette page reprennent les textes et fiches officiels ci-dessous. Les règles peuvent évoluer : la version en ligne de chaque source fait référence.

Sources vérifiées le . Méthode : nos sources et notre vérification.

Information générale, à caractère documentaire : elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.

Lucibail est un outil indépendant, sans lien avec Action Logement (Visale), la CAF, la MSA, l’ANIL, les ADIL ou les administrations dont les sites sont cités, ni avec aucun commissaire de justice ou avocat. Ces organismes et professions sont cités à titre d’information : leur mention n’implique ni partenariat, ni agrément, ni approbation de ce contenu.

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