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Loyer impayé sans avocat : conciliateur, injonction de payer, procédure simplifiée

La réponse courte

Sans avocat, un bailleur dispose notamment de trois voies : le conciliateur de justice, gratuit, l’injonction de payer, et la procédure simplifiée d’un commissaire de justice jusqu’à 5 000 € (CPCE, art. R125-1). Seule l’injonction de payer est décidée par un juge, sans audience (service-public.gouv.fr).

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Sur cette page (9 parties)

Quelles voies existent sans avocat ?

Parmi les démarches possibles sans avocat, service-public.gouv.fr décrit la conciliation (fiche « Conciliateur de justice »), l’injonction de payer et la procédure simplifiée de recouvrement des petites créances (fiche « Recouvrement de dettes en France »). La conciliation et la procédure simplifiée reposent sur un accord avec le locataire. L’injonction de payer est une décision du juge, rendue sans audience.

Sans avocat ne veut pas dire sans commissaire de justice (l’ancien huissier). C’est lui qui conduit la procédure simplifiée et qui signifie l’ordonnance d’injonction de payer au locataire (service-public.gouv.fr). Son rôle et ses tarifs sont présentés sur la page commissaire de justice et loyer impayé.

Avant ces voies, service-public.gouv.fr décrit une lettre simple, puis une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception. Les modèles gratuits sont sur les pages lettre de relance et mise en demeure de payer.

Les trois voies sans avocat comparées (sources vérifiées le 26/09/2026)
CritèreConciliateur de justiceInjonction de payerProcédure simplifiée
Qui intervientUn conciliateur de justice, auxiliaire de justice bénévole (service-public.gouv.fr)Le juge des contentieux de la protection, pour des loyers et charges impayés (service-public.gouv.fr)Un commissaire de justice (CPCE, art. L125-1)
MontantSans limite de montant (service-public.gouv.fr)Pas de limitation du montant de la dette (service-public.gouv.fr)5 000 € au plus, en principal et intérêts (CPCE, art. R125-1)
Coût pour le bailleurGratuit (service-public.gouv.fr)Requête gratuite ; la signification par un commissaire de justice est payante (service-public.gouv.fr)Frais à la charge exclusive du créancier (CPCE, art. L125-1)
Accord du locataireNécessaire : les parties sont libres d’accepter ou de refuser la solution proposée (service-public.gouv.fr)Non : le juge décide sur le seul dossier, sans audience (service-public.gouv.fr)Nécessaire, dans le mois qui suit l’invitation ; le silence vaut refus (CPCE, art. R125-2)
RésultatEn cas d’accord, le conciliateur peut établir un constat d’accord signé par les parties (service-public.gouv.fr)Une ordonnance revêtue de la formule exécutoire ; faute d’opposition, elle vaut titre exécutoire (service-public.gouv.fr ; CPC, art. 1422)Un titre exécutoire délivré par le commissaire de justice (CPCE, art. L125-1)
En cas d’échecChaque partie garde la possibilité de saisir le tribunal (service-public.gouv.fr)Opposition du locataire, en principe dans le mois de la signification : l’affaire est examinée avec audience (CPC, art. 1416 ; service-public.gouv.fr)Refus ou silence : le créancier peut saisir le tribunal pour obtenir un titre exécutoire (service-public.gouv.fr)
Les trois voies sans avocat comparées (sources vérifiées le 26/09/2026)
Les points clés (3)
  • Conciliateur de justice : gratuit, sans limite de montant ; une tentative amiable est en principe exigée avant de saisir le juge pour 5 000 € au plus (CPC, art. 750-1 ; service-public.gouv.fr).
  • Injonction de payer : requête gratuite devant le juge des contentieux de la protection ; une ordonnance rendue depuis le 01/09/2026 se signifie dans les 3 mois (service-public.gouv.fr ; CPC, art. 1411).
  • Procédure simplifiée : 5 000 € au plus, intérêts compris, avec l’accord du locataire donné dans le mois (CPCE, art. R125-1 et R125-2).

Faut-il d’abord tenter une solution amiable ?

Oui, en principe, pour une somme qui ne dépasse pas 5 000 €. La demande en justice est alors précédée d’une tentative de conciliation par un conciliateur de justice, de médiation ou de procédure participative, à peine d’irrecevabilité (CPC, art. 750-1).

Le texte prévoit des exceptions. L’une vise un motif légitime, comme l’urgence manifeste ou l’indisponibilité des conciliateurs qui repousse la première réunion au-delà de trois mois. Une autre vise le créancier qui a déjà engagé, sans succès, une procédure simplifiée de recouvrement des petites créances (CPC, art. 750-1).

Pour un loyer impayé, service-public.gouv.fr précise que cette démarche est obligatoire pour demander ensuite au juge la résiliation du bail, lorsque la dette est inférieure ou égale à 5 000 €. Un médiateur civil peut aussi être sollicité, mais sa démarche est payante (service-public.gouv.fr). Les sources officielles consultées ne précisent pas si la tentative préalable s’applique aussi à la requête en injonction de payer.

Comment fonctionne le conciliateur de justice ?

Lire : Comment fonctionne le conciliateur de justice ?

Le conciliateur de justice est un auxiliaire de justice bénévole, et le recours à ses services est gratuit. Il est compétent pour les différends entre propriétaires et locataires et pour les différends liés à des impayés (service-public.gouv.fr, fiche « Conciliateur de justice »).

Il peut être saisi en dehors de toute procédure judiciaire, près du domicile de la personne qui le saisit, du lieu du litige ou du domicile de l’autre partie. La demande contient un exposé clair des faits et les documents justificatifs (service-public.gouv.fr). Un décompte des loyers impayés récapitule les sommes en cause.

Le conciliateur écoute les parties et propose une ou plusieurs solutions, qu’elles restent libres de refuser. Il ne donne pas de conseil juridique. En cas d’accord, il peut établir un constat d’accord signé par les parties (service-public.gouv.fr).

Parmi les démarches amiables, service-public.gouv.fr cite la proposition du locataire d’étaler le paiement en plusieurs fois (fiche « Loyers impayés et expulsion du locataire »). Le plan d’apurement présente un modèle d’échéancier.

Comment demander une injonction de payer ?

Lire : Comment demander une injonction de payer ?

L’injonction de payer permet d’obtenir un titre exécutoire contre un débiteur qui ne paie pas sa dette (service-public.gouv.fr). La créance doit être certaine, d’un montant déterminé, arrivée à échéance et non prescrite. Pour des loyers et charges impayés, la demande est portée devant le juge des contentieux de la protection.

Le créancier peut faire la demande lui-même, par requête écrite (service-public.gouv.fr). Pour des loyers, le formulaire est le cerfa n° 16040*01 : il se remplit en ligne, puis s’imprime en deux exemplaires, datés et signés. Ils sont envoyés ou déposés avec un bordereau et les pièces justificatives (service-public.gouv.fr, formulaire R31386).

La requête est adressée au tribunal de proximité du domicile du débiteur ou, à défaut, au tribunal judiciaire de ce domicile (service-public.gouv.fr, formulaire R31386). Le juge accepte tout ou partie de la demande, ou la rejette. Un rejet n’est pas susceptible d’appel, mais une procédure classique reste possible.

La requête est gratuite, mais la signification de l’ordonnance par un commissaire de justice entraîne des frais. Si la demande est acceptée, le juge peut mettre les frais de procédure à la charge du débiteur. L’aide juridictionnelle peut couvrir les frais d’avocat et de commissaire de justice en cas de ressources insuffisantes (service-public.gouv.fr).

Qu’est-ce qui change depuis le 1er septembre 2026 ?

Lire : Qu’est-ce qui change depuis le 1er septembre 2026 ?

L’ordonnance portant injonction de payer est non avenue si elle n’a pas été signifiée dans les trois mois de sa date (CPC, art. 1411, modifié par le décret n° 2026-96 du 16 février 2026). Cette règle s’applique aux ordonnances rendues à compter du 1er septembre 2026. Pour une ordonnance antérieure, le délai reste de six mois (service-public.gouv.fr).

Le locataire peut former opposition, en principe dans le mois qui suit la signification (CPC, art. 1416). L’affaire est alors examinée lors d’une audience. Devant le juge des contentieux de la protection, l’avocat n’est pas obligatoire, et le bailleur absent à l’audience est considéré comme abandonnant ses demandes (service-public.gouv.fr).

Pour une ordonnance rendue à compter du 1er septembre 2026, le créancier peut en poursuivre l’exécution forcée à l’expiration d’un délai de deux mois suivant la signification, s’il n’a reçu dans ce délai ni avis d’opposition ni invitation à consigner (CPC, art. 1422, décret n° 2026-96).

L’exécution forcée est confiée à un commissaire de justice, par exemple pour une saisie sur un compte bancaire (service-public.gouv.fr). Signifier une ordonnance qui n’accepte qu’une partie de la demande ferme la voie à une condamnation plus importante (service-public.gouv.fr).

Signification et exécution de l’ordonnance d’injonction de payer
Date de l’ordonnanceDélai de significationExécution forcée, faute d’oppositionSource
Avant le 01/09/20266 mois à compter de sa date ; au-delà, l’ordonnance est non avenueAprès le délai d’opposition d’un moisservice-public.gouv.fr (fiche F1746)
À partir du 01/09/20263 mois à compter de sa date ; au-delà, l’ordonnance est non avenueÀ l’expiration d’un délai de deux mois suivant la significationCPC, art. 1411 et 1422 (décret n° 2026-96) ; service-public.gouv.fr
Signification et exécution de l’ordonnance d’injonction de payer

Comment fonctionne la procédure simplifiée de recouvrement ?

Lire : Comment fonctionne la procédure simplifiée de recouvrement ?

Un commissaire de justice la met en œuvre à la demande du créancier, pour une créance d’origine contractuelle (CPCE, art. L125-1). Le montant ne dépasse pas 5 000 €, en principal et intérêts (CPCE, art. R125-1). L’ANIL cite la location parmi les contrats concernés.

Le commissaire de justice invite le locataire à participer, par lettre recommandée ou par message électronique. Le locataire a un mois pour accepter, et l’absence de réponse vaut refus implicite (CPCE, art. R125-2). Après l’envoi de l’invitation, aucun paiement ne peut avoir lieu avant que le commissaire de justice constate la fin de la procédure (service-public.gouv.fr).

En cas d’accord sur le montant et les modalités du paiement, le commissaire de justice délivre un titre exécutoire, sans autre formalité. L’accord du débiteur, constaté par le commissaire de justice, suspend la prescription (CPCE, art. L125-1). Les frais de la procédure restent à la charge exclusive du créancier.

Le dossier peut être déposé sur la plateforme en ligne de traitement des petites créances. Le commissaire de justice compétent est celui du ressort de la cour d’appel du domicile du débiteur (service-public.gouv.fr). En matière locative, la procédure n’entraîne ni la résiliation du bail ni l’expulsion du locataire (ANIL).

Et pour mettre fin au bail ?

Lire : Et pour mettre fin au bail ?

L’injonction de payer et la procédure simplifiée portent sur le paiement d’une dette. La résiliation du bail se demande au juge des contentieux de la protection, par une assignation délivrée par un commissaire de justice (service-public.gouv.fr). Si le bail contient une clause résolutoire, un commandement de payer précède cette étape.

Devant ce juge, le bailleur n’est pas obligé d’avoir un avocat (service-public.gouv.fr). Les actions dérivant du bail, dont le paiement des loyers, se prescrivent par trois ans (loi 1989, art. 7-1) : les règles sont détaillées sur la page prescription des loyers impayés.

Pour aller plus loin, gratuitement

Deux services d’information gratuits, ouverts aux propriétaires comme aux locataires.

  • SOS Loyers impayés

    Numéro vert de l’ANIL, pour les propriétaires comme pour les locataires : appel gratuit, du lundi au vendredi. Les conseillers informent sur les droits, les démarches, les délais, les recours et les aides possibles.

  • L’ADIL de votre département

    Les agences départementales d’information sur le logement délivrent une information neutre et gratuite sur le logement, y compris sur les loyers impayés.

Questions fréquentes

Un bailleur peut-il agir sans avocat pour un loyer impayé ?

Oui. Il peut saisir un conciliateur de justice, faire lui-même une requête en injonction de payer ou confier une procédure simplifiée à un commissaire de justice (service-public.gouv.fr). L’injonction de payer et la procédure simplifiée peuvent aboutir à un titre exécutoire. Ce titre permet une exécution forcée par un commissaire de justice, par exemple une saisie sur un compte bancaire.

Quel formulaire pour une injonction de payer de loyers ?

Pour des loyers et charges impayés, le formulaire est le cerfa n° 16040*01, « Demande en injonction de payer devant le juge des contentieux de la protection » (service-public.gouv.fr). Il se remplit en ligne, puis s’imprime en deux exemplaires datés et signés, envoyés ou déposés au tribunal avec un bordereau et les pièces justificatives.

Combien de temps pour faire signifier l’ordonnance ?

Trois mois à compter de la date de l’ordonnance, pour une ordonnance rendue à partir du 1er septembre 2026 (CPC, art. 1411, décret n° 2026-96). Pour une ordonnance antérieure, le délai est de six mois (service-public.gouv.fr). Passé ce délai, l’ordonnance est non avenue.

Le passage devant un conciliateur est-il obligatoire ?

En principe, oui, pour une demande en justice qui porte sur 5 000 € au plus : une tentative de conciliation, de médiation ou de procédure participative la précède, à peine d’irrecevabilité (CPC, art. 750-1). Le texte prévoit des exceptions, dont l’échec d’une procédure simplifiée de recouvrement déjà engagée par le créancier. Les sources officielles consultées ne précisent pas si cette règle vise aussi la requête en injonction de payer.

La procédure simplifiée est-elle possible pour des loyers ?

Elle vise une créance d’origine contractuelle de 5 000 € au plus, intérêts compris (CPCE, art. L125-1 et R125-1), et l’ANIL cite la location parmi ces contrats. Elle suppose l’accord du locataire, donné dans le mois qui suit l’invitation (CPCE, art. R125-2). En matière locative, elle n’entraîne ni résiliation du bail ni expulsion (ANIL).

Le locataire est parti : quelle voie ?

Pour l’injonction de payer, le tribunal compétent est celui du lieu où demeure le débiteur (service-public.gouv.fr). Pour la procédure simplifiée, le commissaire de justice est celui du ressort de la cour d’appel de ce domicile. Les démarches propres à ce cas sont sur la page locataire parti sans payer.

La demande peut-elle viser la caution ?

La fiche service-public.gouv.fr cite la caution parmi les contrats qui peuvent fonder une demande d’injonction de payer. Si la demande vise plusieurs débiteurs, le créancier peut demander une condamnation solidaire (service-public.gouv.fr).

Sources officielles

Les informations de cette page reprennent les textes et fiches officiels ci-dessous. Les règles peuvent évoluer : la version en ligne de chaque source fait référence.

Sources vérifiées le . Méthode : nos sources et notre vérification.

Information générale, à caractère documentaire : elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.

Lucibail est un outil indépendant, sans lien avec Action Logement (Visale), la CAF, la MSA, l’ANIL, les ADIL ou les administrations dont les sites sont cités, ni avec aucun commissaire de justice ou avocat. Ces organismes et professions sont cités à titre d’information : leur mention n’implique ni partenariat, ni agrément, ni approbation de ce contenu.

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