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Décès du locataire et loyers impayés : que deviennent le bail et la dette ?
La réponse courte
Au décès du locataire, le bail passe au conjoint, au partenaire pacsé ou à certains proches vivant avec lui depuis un an au moins ; sinon, il est résilié (loi 1989, art. 14). Les loyers impayés restent une dette de la succession (Code civil, art. 785).
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Sur cette page (9 parties)
Que devient le bail au décès du locataire ?
L’article 14 de la loi du 6 juillet 1989 prévoit que, lors du décès du locataire, le contrat de location est transféré à certaines personnes, énumérées dans le tableau ci-dessous. En cas de demandes multiples, le juge se prononce en fonction des intérêts en présence (même article).
À défaut de personne remplissant ces conditions, « le contrat de location est résilié de plein droit par le décès du locataire » (article 14). Selon une décision de la Cour de cassation analysée par l’ANIL (3e chambre civile, 28 septembre 2022, n° 21-11.533), le transfert s’opère par l’effet même de la loi, à la date du décès, au profit de ceux qui remplissent les conditions.
Le conjoint ou le partenaire de PACS survivant cotitulaire du bail dispose d’un droit exclusif sur celui-ci, sauf s’il y renonce expressément (article 1751 du Code civil). Cette page porte sur le bail d’habitation du secteur privé ; les autres étapes d’un impayé figurent dans le guide des étapes d’un loyer impayé.
| Personne | Condition posée par l’article 14 |
|---|---|
| Conjoint survivant | Celui qui ne peut se prévaloir de l’article 1751 du Code civil (le cotitulaire du bail a déjà un droit exclusif par cet article) |
| Partenaire lié par un PACS | Aucune durée de vie commune exigée par le texte |
| Descendants | Vivaient avec le locataire depuis au moins un an à la date du décès |
| Ascendants, concubin notoire, personnes à charge | Vivaient avec le locataire depuis au moins un an à la date du décès |
| Aucune de ces personnes | Bail résilié de plein droit par le décès |
Les points clés (3)
- Bail transféré ou, à défaut de bénéficiaire, résilié de plein droit par le décès (article 14 de la loi du 6 juillet 1989).
- L’héritier qui accepte purement et simplement répond des dettes de la succession ; celui qui renonce n’en est pas tenu (articles 785 et 806 du Code civil).
- L’héritier ne peut être contraint à choisir avant 4 mois ; ensuite, un créancier peut le sommer de prendre parti dans les 2 mois (articles 771 et 772 du Code civil ; service-public.gouv.fr).
Qui paie les loyers impayés avant le décès ?
Les héritiers désignés par la loi sont saisis de plein droit des biens, droits et actions du défunt (article 724 du Code civil). Ils ont le choix entre trois options : accepter purement et simplement, accepter à concurrence de l’actif net, ou renoncer (article 768 du Code civil ; service-public.gouv.fr).
L’héritier universel ou à titre universel qui accepte purement et simplement « répond indéfiniment des dettes et charges » de la succession (article 785 du Code civil) ; service-public.gouv.fr précise qu’il les paie dans la limite de ses droits dans la succession, par exemple un quart des dettes pour un quart de la succession. L’acceptation à concurrence de l’actif net évite la confusion de ses biens personnels avec ceux de la succession (article 791). Le renonçant n’est pas tenu au paiement des dettes et charges de la succession (article 806), mais il participe aux frais d’obsèques selon service-public.gouv.fr.
Un arriéré de loyer entre donc dans le passif de la succession, avec les autres dettes du défunt. Le décompte des sommes dues, arrêté à la date du décès, permet d’en présenter le détail au notaire chargé de la succession ou aux héritiers.
| Option | Effet sur les dettes du défunt | Source |
|---|---|---|
| Acceptation pure et simple | L’héritier répond des dettes de la succession, dans la limite de ses droits dans celle-ci selon service-public.gouv.fr | Code civil, art. 785 ; service-public.gouv.fr |
| Acceptation à concurrence de l’actif net | Les biens personnels de l’héritier ne se confondent pas avec ceux de la succession | Code civil, art. 791 ; service-public.gouv.fr |
| Renonciation | L’héritier n’est pas tenu des dettes de la succession (frais d’obsèques à part) | Code civil, art. 806 ; service-public.gouv.fr |
Combien de temps l’héritier a-t-il pour choisir ?
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L’héritier ne peut être contraint à opter avant l’expiration d’un délai de quatre mois (article 771 du Code civil), que service-public.gouv.fr fait partir du jour du décès. Passé ce délai, un créancier de la succession peut le sommer de prendre parti.
Dans les deux mois qui suivent la sommation, l’héritier prend parti ou sollicite un délai supplémentaire auprès du juge (article 772 du Code civil). Service-public.gouv.fr indique qu’en l’absence de toute démarche, l’héritier est considéré comme ayant renoncé au bout de 10 ans.
Le proche qui reprend le bail doit-il l’arriéré ?
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L’ANIL analyse une décision de la Cour de cassation (3e chambre civile, 16 février 2000) dans laquelle le bail avait été transféré aux enfants du locataire décédé. Selon cette analyse, les enfants étaient de nouveaux locataires qui n’avaient pas pris l’engagement de payer l’arriéré : le bailleur ne pouvait pas le leur réclamer à ce titre.
La question est distincte de leur éventuelle qualité d’héritier, qui obéit aux règles de la succession présentées plus haut. La combinaison des deux dans un dossier donné est un point à vérifier auprès d’un notaire, d’un professionnel ou de l’ADIL.
Et si le conjoint survivant reste dans le logement ?
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Le conjoint successible qui occupait le logement loué à titre d’habitation principale au moment du décès se fait rembourser par la succession, pendant l’année, les loyers au fur et à mesure de leur acquittement (article 763 du Code civil). Ce texte est d’ordre public.
Ce texte organise un remboursement entre la succession et le conjoint, pour des loyers que celui-ci acquitte. La situation du bail lui-même relève de l’article 14 de la loi du 6 juillet 1989 (transfert) ou de l’article 1751 du Code civil (conjoint cotitulaire).
Et si tous les héritiers renoncent ?
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Selon service-public.gouv.fr, lorsque tous les héritiers renoncent, le service du Domaine peut être désigné comme curateur de la succession vacante. Il dresse l’inventaire des biens du défunt, puis les vend pour régler les dépenses et les dettes de la succession.
La désignation se demande au tribunal judiciaire du domicile du défunt ; en cas de succession déficitaire, un créancier peut la demander (service-public.gouv.fr). Le paiement de la dette de loyer dépend alors de l’actif de la succession.
Quels délais et quels points restent ouverts ?
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Les actions dérivant du bail se prescrivent par trois ans (article 7-1 de la loi du 6 juillet 1989) ; les règles d’interruption sont détaillées sur la page prescription des loyers impayés.
L’article 14 ne précise pas les sommes dues entre le décès, quand le bail est résilié, et la libération effective des lieux. L’engagement d’une caution après le décès du locataire se lit dans l’acte de cautionnement (voir garant et loyer impayé). Ces deux points sont à vérifier auprès d’un professionnel ou de l’ADIL. Lorsque le logement a été vidé sans règlement, la page locataire parti sans payer présente les recours généraux.
Pour aller plus loin, gratuitement
Deux services d’information gratuits, ouverts aux propriétaires comme aux locataires.
SOS Loyers impayés
Numéro vert de l’ANIL, pour les propriétaires comme pour les locataires : appel gratuit, du lundi au vendredi. Les conseillers informent sur les droits, les démarches, les délais, les recours et les aides possibles.
L’ADIL de votre département
Les agences départementales d’information sur le logement délivrent une information neutre et gratuite sur le logement, y compris sur les loyers impayés.
Questions fréquentes
Le bail prend-il fin automatiquement au décès du locataire ?
Seulement si aucune personne ne remplit les conditions du transfert. L’article 14 de la loi du 6 juillet 1989 transfère le bail au conjoint survivant, au partenaire de PACS, et aux descendants, ascendants, concubin notoire ou personnes à charge qui vivaient avec le locataire depuis au moins un an. À défaut, le contrat est résilié de plein droit par le décès.
Les héritiers doivent-ils payer les loyers impayés du défunt ?
L’héritier qui accepte purement et simplement la succession répond de ses dettes (article 785 du Code civil), dans la limite de ses droits dans la succession selon service-public.gouv.fr. Celui qui accepte à concurrence de l’actif net protège ses biens personnels (article 791) ; celui qui renonce n’est pas tenu des dettes (article 806).
Le bailleur peut-il obliger un héritier à se décider ?
Pas avant quatre mois (article 771 du Code civil). Ensuite, un créancier de la succession peut sommer l’héritier de prendre parti ; celui-ci dispose alors de deux mois pour opter ou demander un délai supplémentaire au juge (article 772 du Code civil ; service-public.gouv.fr).
L’enfant qui reprend le bail doit-il les loyers impayés de son parent ?
Selon une décision de la Cour de cassation analysée par l’ANIL (16 février 2000), les enfants auxquels le bail a été transféré sont de nouveaux locataires qui n’ont pas pris l’engagement de payer l’arriéré. S’ils sont aussi héritiers, les règles de la succession s’appliquent à ce titre ; la combinaison des deux est à vérifier auprès d’un professionnel.
Pendant combien de temps peut-on réclamer la dette ?
Les actions dérivant du bail se prescrivent par trois ans (article 7-1 de la loi du 6 juillet 1989). Les causes d’interruption, comme la reconnaissance de la dette ou la demande en justice, sont présentées sur la page consacrée à la prescription.
Sources officielles
Les informations de cette page reprennent les textes et fiches officiels ci-dessous. Les règles peuvent évoluer : la version en ligne de chaque source fait référence.
Sources vérifiées le . Méthode : nos sources et notre vérification.
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Voir les 15 textes et fiches officiels
Légifrance
- Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 14 (nouvel onglet)
- Code civil, article 1751 (nouvel onglet)
- Code civil, article 724 (nouvel onglet)
- Code civil, article 768 (nouvel onglet)
- Code civil, article 771 (nouvel onglet)
- Code civil, article 772 (nouvel onglet)
- Code civil, article 785 (nouvel onglet)
- Code civil, article 791 (nouvel onglet)
- Code civil, article 806 (nouvel onglet)
- Code civil, article 763 (nouvel onglet)
- Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 7-1 (nouvel onglet)
anil.org
service-public.gouv.fr
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