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À partir de quand un loyer est-il en retard ?

Le locataire paie le loyer et les charges récupérables « aux termes convenus » (article 7 a) de la loi du 6 juillet 1989), c’est-à-dire à la date indiquée dans le bail (service-public.gouv.fr). Le même article prévoit que le paiement mensuel est de droit lorsque le locataire en fait la demande. Une échéance non réglée à cette date est en retard.

Deux vérifications sont utiles avant de parler de retard : le paiement n’est-il pas simplement en cours, et l’aide au logement n’est-elle pas conservée par la CAF ou la MSA pour non-décence du logement ? Dans ce second cas, le locataire paie le loyer diminué de l’aide, et ce paiement réduit n’est pas un défaut de paiement (article 7 a) de la loi de 1989 ; article L. 843-1 du Code de la construction et de l’habitation).

Ce guide suit le retard mois par mois ; le guide complet du loyer impayé présente l’ensemble des étapes, de la relance au juge.

Les points clés (3)
  • Aide versée au bailleur : impayé constitué à 2 fois le montant mensuel du loyer et des charges, aide déduite, jusqu’au 31/12/2026 (article R. 824-1 du CCH) ; à partir du 01/01/2027, au-delà de 450 € ou 3 mois après un premier défaut de paiement non réglé (décret n° 2026-84).
  • Commandement de payer : 6 semaines pour un bail signé à partir du 29/07/2023, délai de la clause pour un bail en cours à cette date (article 24 ; Cour de cassation, avis du 13/06/2024) ; bail reconduit ou renouvelé depuis : point non tranché.
  • Actions dérivant du bail prescrites par 3 ans (article 7-1 de la loi du 6 juillet 1989).

1 mois de loyer impayé : quelles démarches ?

Service-public.gouv.fr indique que le bailleur peut rappeler au locataire son obligation de payer par une lettre simple ; le modèle de l’ANIL s’intitule « Relance en cas de premier impayé » et laisse une quinzaine au locataire. Une lettre de relance avec son décompte date l’impayé et chiffre la dette. Le décompte des loyers impayés sert ensuite à chaque étape.

L’ANIL conseille d’informer la caution dès le premier incident de paiement. Selon service-public.gouv.fr, une caution solidaire peut être appelée à payer dès le premier impayé, une caution simple seulement après un commandement de payer délivré au locataire et resté sans effet ; les règles sont détaillées sur la page garant et loyer impayé. Pour un logement couvert par Visale, service-public.gouv.fr mentionne une déclaration de l’impayé dans les 30 jours ; les conditions précises figurent dans le contrat Visale.

Aide au logement versée au bailleur : jusqu’au 31 décembre 2026, l’impayé est constitué quand la dette atteint 2 fois le montant mensuel du loyer et des charges, aide déduite (article R. 824-1 du CCH) ; un seul mois, sans autre arriéré, reste sous ce seuil. À partir du 1er janvier 2027, l’impayé est aussi constitué lorsque son montant dépasse 450 € (article R. 824-2 issu du décret n° 2026-84) : un seul mois suffit alors si la somme restée impayée dépasse ce montant.

2 mois de loyer impayés : quelles démarches ?

Lire : 2 mois de loyer impayés : quelles démarches ?

Si la relance reste sans effet, service-public.gouv.fr décrit l’envoi d’une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception. La mise en demeure de payer une somme d’argent fait courir l’intérêt moratoire au taux légal, sans que le créancier ait à justifier d’un préjudice (article 1344-1 du Code civil).

Jusqu’au 31 décembre 2026, deux échéances entièrement impayées atteignent le seuil de l’article R. 824-1 du CCH. Quand l’aide est versée au bailleur, celui-ci signale l’impayé à la CAF ou à la MSA dans les 2 mois qui suivent, sauf si la dette a été réglée entre-temps (article R. 824-4). Quand l’aide est versée au locataire, le seuil se calcule sans déduire l’aide, et service-public.gouv.fr indique que le bailleur avertit aussi l’organisme ; les deux régimes sont détaillés sur la page loyer impayé et CAF.

3 mois de loyer impayés et plus : quelles démarches ?

Lire : 3 mois de loyer impayés et plus : quelles démarches ?

À partir du 1er janvier 2027, l’impayé est constitué lorsque, trois mois après un premier défaut de paiement constaté par le bailleur, quel que soit son montant, le ménage n’a toujours pas payé (article R. 824-2 issu du décret n° 2026-84). Le bailleur qui perçoit l’aide le signale alors dans les 2 mois (article R. 824-3).

Lorsque la demande n’excède pas 5 000 €, une tentative de conciliation, de médiation ou de procédure participative est en principe requise avant de saisir le juge (article 750-1 du Code de procédure civile) ; service-public.gouv.fr précise que le conciliateur de justice intervient gratuitement.

Le commandement de payer est délivré par un commissaire de justice (ex-huissier), puis signifié à la caution dans les 15 jours (article 24 de la loi du 6 juillet 1989). La clause résolutoire ne produit effet que 6 semaines après un commandement resté infructueux pour un bail signé à partir du 29 juillet 2023 ; pour un bail en cours à cette date, c’est le délai prévu par la clause, l’article 24 prévoyant deux mois dans sa rédaction antérieure (Cour de cassation, avis du 13 juin 2024, n° 24-70.002). Pour un bail reconduit ou renouvelé depuis, la question n’est pas tranchée.

L’article 24 vise le « défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus » sans fixer de nombre minimal de mois impayés. Le même article permet au juge d’accorder au locataire des délais de paiement dans la limite de 3 ans. Les actions dérivant du bail se prescrivent par 3 ans (article 7-1 de la loi du 6 juillet 1989).

Tableau récapitulatif : 1, 2 ou 3 mois de retard

Lire : Tableau récapitulatif : 1, 2 ou 3 mois de retard

Les mois indiqués ne sont pas des seuils légaux pour la relance, la mise en demeure ou le commandement de payer : les textes cités ne les lient à aucun nombre de mois. Seuls les seuils de la CAF et de la MSA sont chiffrés par les textes (article R. 824-1 du CCH jusqu’au 31 décembre 2026, décret n° 2026-84 à partir du 1er janvier 2027). Le bail, l’acte de caution et les contrats Visale ou d’assurance peuvent prévoir leurs propres délais.

Retard de loyer : repères selon la durée (les textes ne chiffrent en mois que les seuils de la CAF et de la MSA)
Durée du retardDémarches possibles décrites par les sourcesCAF ou MSA (aide versée au bailleur)Sources
1 moisRelance par lettre simple ; information de la caution ; paiement demandable à une caution solidaire ; déclaration à Visale dans les 30 jours selon service-public.gouv.frJusqu’au 31/12/2026 : sous le seuil de 2 mois, sauf arriéré antérieur. À partir du 01/01/2027 : impayé constitué si son montant dépasse 450 €service-public.gouv.fr ; anil.org ; article R. 824-1 du CCH ; décret n° 2026-84
2 moisMise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception, qui fait courir l’intérêt moratoire au taux légalJusqu’au 31/12/2026 : impayé constitué (2 fois le montant mensuel, aide déduite) ; signalement dans les 2 moisservice-public.gouv.fr ; article 1344-1 du Code civil ; articles R. 824-1 et R. 824-4 du CCH
3 mois et plusTentative amiable avant le juge si la demande n’excède pas 5 000 € ; commandement de payer par un commissaire de justice (6 semaines ou délai de la clause selon la date du bail), signifié à la caution dans les 15 joursÀ partir du 01/01/2027 : impayé constitué 3 mois après un premier défaut non réglé ; signalement dans les 2 moisArticle 750-1 du Code de procédure civile ; article 24 de la loi du 6 juillet 1989 ; avis Cass. du 13/06/2024 ; décret n° 2026-84
Quelle que soit la duréeNi pénalités ni frais de retard ; reçu pour chaque paiement partiel ; actions prescrites par 3 ans—Articles 4, 21 et 7-1 de la loi du 6 juillet 1989 ; service-public.gouv.fr
Retard de loyer : repères selon la durée (les textes ne chiffrent en mois que les seuils de la CAF et de la MSA)

Pénalités, frais de relance, intérêts : que peut réclamer le bailleur ?

Lire : Pénalités, frais de relance, intérêts : que peut réclamer le bailleur ?

Le bail ne peut pas autoriser le bailleur à percevoir des amendes ou des pénalités, ni faire supporter au locataire des frais de relance ou d’expédition de quittance : ces clauses sont réputées non écrites (article 4 i) et p) de la loi du 6 juillet 1989). Service-public.gouv.fr précise que le propriétaire ne peut pas facturer de frais de retard pour les baux signés, renouvelés ou tacitement reconduits depuis le 27 mars 2014.

Restent dus le loyer et les charges prévus au bail. Le Code civil prévoit en outre que la mise en demeure de payer une somme d’argent fait courir l’intérêt moratoire, au taux légal (article 1344-1). Si un commandement de payer n’est pas signifié à la caution dans les 15 jours, celle-ci ne peut être tenue au paiement des pénalités ou intérêts de retard (article 24 de la loi du 6 juillet 1989).

Retards à répétition : que peut faire le bailleur ?

Lire : Retards à répétition : que peut faire le bailleur ?

Des retards répétés, même régularisés ensuite, se retracent par les dates de paiement. Le bailleur remet un reçu pour chaque paiement partiel, et une quittance gratuite pour un paiement intégral lorsque le locataire la demande (article 21 de la loi du 6 juillet 1989).

Service-public.gouv.fr cite, parmi les exemples de motif légitime et sérieux permettant au propriétaire de donner congé, le cas du locataire qui « paie son loyer avec des retards répétés ». Le congé est donné pour la fin du bail, au moins 6 mois avant pour un logement vide et 3 mois avant pour un logement meublé (même source). La même fiche précise que la loi n’a pas défini précisément ce que recouvre ce motif, et que si le locataire conteste le congé devant le juge, le propriétaire devra en prouver le bien-fondé.

Pour aller plus loin, gratuitement

Deux services d’information gratuits, ouverts aux propriétaires comme aux locataires.

  • SOS Loyers impayés

    Numéro vert de l’ANIL, pour les propriétaires comme pour les locataires : appel gratuit, du lundi au vendredi. Les conseillers informent sur les droits, les démarches, les délais, les recours et les aides possibles.

  • L’ADIL de votre département

    Les agences départementales d’information sur le logement délivrent une information neutre et gratuite sur le logement, y compris sur les loyers impayés.

Questions fréquentes

Un loyer payé avec quelques jours de retard est-il un impayé ?

Le loyer est dû aux termes convenus dans le bail (article 7 a) de la loi du 6 juillet 1989) : passé cette date, l’échéance est en retard. Au sens de l’aide au logement, l’impayé n’est constitué qu’à partir d’un seuil : 2 fois le montant mensuel du loyer et des charges jusqu’au 31 décembre 2026 (article R. 824-1 du CCH), puis plus de 450 € ou 3 mois après un premier défaut non réglé à partir du 1er janvier 2027 (décret n° 2026-84).

Le bailleur peut-il facturer des frais ou des pénalités de retard ?

Non. Les clauses qui prévoient des amendes ou des pénalités, ou qui font supporter au locataire des frais de relance, sont réputées non écrites (article 4 i) et p) de la loi du 6 juillet 1989). Service-public.gouv.fr indique que les frais de retard ne peuvent pas être facturés pour les baux signés, renouvelés ou tacitement reconduits depuis le 27 mars 2014. L’intérêt moratoire au taux légal, lui, court à partir d’une mise en demeure (article 1344-1 du Code civil).

Combien de mois d’impayés avant un commandement de payer ?

L’article 24 de la loi du 6 juillet 1989 vise le défaut de paiement du loyer ou des charges « aux termes convenus », sans fixer de nombre minimal de mois. Service-public.gouv.fr décrit la relance, la mise en demeure, puis, pour une dette de 5 000 € au plus, une conciliation préalable à la demande de résiliation du bail. Le commandement laisse 6 semaines au locataire pour un bail signé à partir du 29 juillet 2023, ou le délai de la clause pour un bail antérieur (Cour de cassation, avis du 13 juin 2024).

Quand prévenir la CAF ou la MSA d’un retard de loyer ?

Quand l’aide est versée au bailleur, celui-ci signale l’impayé dans les 2 mois qui suivent sa constitution, sauf si la dette a été réglée entre-temps (article R. 824-4 du CCH jusqu’au 31 décembre 2026, article R. 824-3 à partir du 1er janvier 2027). Le seuil passe de 2 fois le montant mensuel du loyer et des charges, aide déduite (article R. 824-1), à plus de 450 € ou 3 mois après un premier défaut non réglé (décret n° 2026-84). Quand l’aide est versée au locataire, service-public.gouv.fr indique que le bailleur avertit aussi l’organisme.

Le bailleur peut-il accepter un paiement en plusieurs fois ?

Le créancier peut refuser un paiement partiel (article 1342-4 du Code civil), mais rien ne l’oblige à le refuser. L’ANIL présente le plan d’apurement comme un accord amiable écrit qui étale le remboursement de la dette sur quelques mois, et dont le respect permet au locataire de conserver son droit à l’aide au logement. En cas de procédure, le juge peut accorder des délais de paiement dans la limite de 3 ans (article 24 de la loi du 6 juillet 1989).

Combien de temps le bailleur a-t-il pour réclamer un loyer en retard ?

Les actions dérivant d’un bail d’habitation soumis à la loi du 6 juillet 1989 sont prescrites par 3 ans (article 7-1 de cette loi). Un décompte à jour, échéance par échéance, permet de repérer les sommes les plus anciennes.

Des retards répétés permettent-ils de mettre fin au bail ?

Service-public.gouv.fr cite les « retards répétés » de paiement parmi les exemples de motif légitime et sérieux de congé donné par le propriétaire, pour la fin du bail et au moins 6 mois avant pour un logement vide, 3 mois pour un meublé. La même fiche précise que la loi n’a pas défini précisément ce motif. La résiliation pour défaut de paiement relève, elle, de la clause résolutoire et du commandement de payer (article 24 de la loi du 6 juillet 1989).

Sources officielles

Les informations de cette page reprennent les textes et fiches officiels ci-dessous. Les règles peuvent évoluer : la version en ligne de chaque source fait référence.

Sources vérifiées le . Méthode : nos sources et notre vérification.

Information générale, à caractère documentaire : elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.

Lucibail est un outil indépendant, sans lien avec Action Logement (Visale), la CAF, la MSA, l’ANIL, les ADIL ou les administrations dont les sites sont cités, ni avec aucun commissaire de justice ou avocat. Ces organismes et professions sont cités à titre d’information : leur mention n’implique ni partenariat, ni agrément, ni approbation de ce contenu.

Voir les 19 textes et fiches officiels

Légifrance

Historique des mises à jour

  • — Réécriture complète : page renommée (ancienne adresse /locataire-loyer-retard) et réorganisée selon le nombre de mois impayés, avec tableau récapitulatif et règles CAF avant et après le 1er janvier 2027.
  • — Réponse courte resserrée (2 phrases) et 3 points clés au plus ; les précisions retirées sont reprises dans les parties de la page.

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