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Trois SMS de relance, du premier rappel au paiement partiel

Après un incident de paiement, il est important de chercher à contacter rapidement le locataire, pour connaître les raisons de l’impayé et rechercher des solutions amiables avant d’envisager une procédure judiciaire (ANIL, dépliant « Prévenir et faire face aux impayés de loyers », juin 2025). Un SMS court est l’un des moyens de cette prise de contact. Les trois messages ci-dessous restent des rappels : ni pénalité, ni frais, ni délai imposé.

Les crochets sont à remplacer par les informations du bail. Le troisième message suit un paiement partiel : dans ce cas, le bailleur est tenu de délivrer un reçu (loi du 6 juillet 1989, art. 21). Un reçu de paiement partiel à remplir gratuitement est proposé sur une page dédiée.

  • SMS, premier rappel

    Bonjour [prénom], sauf erreur de ma part, je n’ai pas reçu le loyer de [mois] pour le logement du [adresse]. S’il s’agit d’un oubli ou d’un retard de virement, pouvez-vous me dire quand le paiement est prévu ? Merci. [votre nom]

  • SMS, sans réponse au premier message

    Bonjour [prénom], je reviens vers vous pour le loyer de [mois] ([montant] €), toujours non réglé à ce jour. Si vous traversez une difficulté, appelez-moi : nous pouvons en parler et chercher ensemble une solution, par exemple un étalement. [votre nom]

  • SMS, après un paiement partiel

    Bonjour [prénom], j’ai bien reçu votre paiement de [montant] € du [date], merci. Il reste [montant] € à régler pour le loyer de [mois]. Je vous envoie un reçu. Pouvez-vous me dire quand vous prévoyez de régler le solde ? [votre nom]

Les points clés (3)
  • Ni amendes, ni pénalités, ni frais de relance : les clauses qui les prévoient sont réputées non écrites (loi du 6 juillet 1989, art. 4 i) et p)).
  • SMS et e-mails figurent parmi les moyens de prouver un fait ; l’écrit électronique a la même force probante que le papier, sous conditions (service-public.gouv.fr ; Code civil, art. 1366).
  • Aide au logement versée au bailleur : signalement à la CAF ou à la MSA dans les 2 mois qui suivent la constitution de l’impayé, sauf dette entièrement réglée entre-temps (CCH, art. R. 824-4 jusqu’au 31/12/2026 ; art. R. 824-3 à partir du 01/01/2027).

Deux e-mails de relance, avec ou sans décompte

L’e-mail laisse plus de place que le SMS. Il peut reprendre les éléments du modèle de relance de l’ANIL : le logement, la date du bail, le loyer non réglé, la somme totale due, et une invitation à prendre contact, notamment pour un échéancier (modèle ANIL « Relance en cas de premier impayé »).

Le second e-mail joint un décompte des loyers impayés mois par mois, qui rend le montant vérifiable. Il oriente aussi vers l’ADIL et vers SOS Loyers impayés : 0805 16 00 75, appel gratuit, du lundi au vendredi, pour les locataires comme pour les propriétaires (service-public.gouv.fr).

  • E-mail, premier rappel, objet « Loyer de [mois] »

    Madame, Monsieur, sauf erreur de ma part, le loyer de [mois] pour le logement situé [adresse], loué en vertu du bail du [date du bail], ne m’est pas parvenu. Il s’agit peut-être d’un oubli ou d’un retard de virement. Pouvez-vous vérifier et m’indiquer la date prévue du paiement ? Je reste disponible si vous souhaitez en parler. Cordialement, [votre nom]

  • E-mail, second rappel avec le décompte, objet « Loyer de [mois] et décompte »

    Madame, Monsieur, je reviens vers vous au sujet du loyer de [mois] pour le logement situé [adresse], toujours non réglé à ce jour. D’après le décompte joint, le montant restant dû est de [montant] €. Si vous rencontrez des difficultés, je vous propose d’en parler, notamment pour convenir d’un échéancier. L’ADIL de votre département et SOS Loyers impayés (0805 16 00 75, appel gratuit) peuvent aussi vous informer sur les aides possibles, par exemple celles du fonds de solidarité pour le logement (FSL). Cordialement, [votre nom]

Que mettre dans le message, et que ne pas y mettre ?

Lire : Que mettre dans le message, et que ne pas y mettre ?

Un message de relance reste un rappel amiable. Les modèles de cette page ne fixent aucun délai légal et ne contiennent aucune menace : les délais de la procédure se rattachent à d’autres actes, comme le commandement de payer.

Les clauses qui autorisent le bailleur à percevoir des amendes ou des pénalités, ou qui font supporter au locataire des frais de relance, sont réputées non écrites (loi du 6 juillet 1989, art. 4 i) et p)). Les frais de retard ne peuvent pas être facturés pour un bail signé, renouvelé ou tacitement reconduit depuis le 27 mars 2014 (service-public.gouv.fr). Le détail figure sur la page pénalités et frais de retard de loyer.

Dans un SMS ou un e-mail de relance : ce qui a sa place, ce qui n’en a pas
ÉlémentDans la relance ?Source
Mois concerné, logement, montant restant dûOuiModèle ANIL « Relance en cas de premier impayé »
Invitation à prendre contact, possibilité d’un échéancierOuiModèle ANIL ; anil.org (plan d’apurement : accord amiable, écrit)
Orientation vers l’ADIL et SOS Loyers impayés (0805 16 00 75, appel gratuit)OuiModèle ANIL (ADIL) ; service-public.gouv.fr (numéro)
Mention du reçu, après un paiement partielOuiArticle 21 de la loi du 6 juillet 1989 (reçu obligatoire en cas de paiement partiel)
Amendes, pénalités ou frais de retardNon : clauses réputées non écritesArticle 4 i) de la loi du 6 juillet 1989 ; service-public.gouv.fr
Frais de relanceNon : clauses réputées non écritesArticle 4 p) de la loi du 6 juillet 1989
Délai et effets de la clause résolutoireNon : ils se rattachent au commandement de payerArticle 24 de la loi du 6 juillet 1989
Enregistrement d’un appel téléphonique avec le locataireSeulement s’il en est informé et y consentservice-public.gouv.fr (modes de preuve dans un procès civil)
Dans un SMS ou un e-mail de relance : ce qui a sa place, ce qui n’en a pas

SMS, e-mail ou courrier : quelle trace garder ?

Lire : SMS, e-mail ou courrier : quelle trace garder ?

L’écrit consiste en une suite de lettres, de caractères, de chiffres ou d’autres signes dotés d’une signification intelligible, quel que soit leur support (Code civil, art. 1365). L’écrit électronique a la même force probante que l’écrit papier, sous réserve que son auteur puisse être dûment identifié et qu’il soit établi et conservé dans des conditions de nature à en garantir l’intégrité (Code civil, art. 1366).

Quand la réalité d’un fait doit être prouvée, la preuve se fait par tout moyen, dont les SMS, les courriers électroniques et les captures d’écran (service-public.gouv.fr). Toute preuve doit avoir été recueillie de manière loyale, et le juge vérifie les conditions de son obtention (même fiche).

Une copie datée de chaque message envoyé, des réponses du locataire et du décompte permet de retracer les échanges. Aucune des sources citées sur cette page n’impose de forme pour une relance amiable.

Quand passer au courrier ?

Lire : Quand passer au courrier ?

Pour rappeler au locataire son obligation de payer le loyer et les charges, service-public.gouv.fr décrit une lettre simple, puis, si elle reste sans effet, une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception. La lettre de relance gratuite, avec son décompte en PDF, reprend les éléments de ces messages sous forme de courrier.

Le propriétaire a intérêt à formaliser sa demande de paiement auprès du locataire : d’abord par une mise en demeure par lettre recommandée, puis par une sommation ou un commandement de payer (ANIL, dépliant de juin 2025). Ces deux derniers actes sont délivrés par un commissaire de justice (l’ancien huissier). La mise en demeure de payer a sa propre page.

En parallèle, l’ANIL conseille d’informer le garant (la caution) dès le premier impayé. Quand l’aide au logement est versée au bailleur, celui-ci signale l’impayé à la CAF ou à la MSA dans les deux mois qui suivent sa constitution, sauf si la somme due a été réglée en totalité entre-temps (CCH, art. R. 824-4 jusqu’au 31 décembre 2026 ; art. R. 824-3, issu du décret n° 2026-84, à partir du 1er janvier 2027). Les seuils figurent sur la page loyer impayé et CAF.

Ce qu’un message de relance ne change pas

Lire : Ce qu’un message de relance ne change pas

Une relance, par message ou par courrier, ne figure pas parmi les causes d’interruption de la prescription prévues par les articles 2240 à 2244 du Code civil : reconnaissance du débiteur, demande en justice, mesure conservatoire ou acte d’exécution forcée. Les actions dérivant du bail se prescrivent par trois ans (loi du 6 juillet 1989, art. 7-1), comme l’explique la page prescription des loyers impayés.

Si le locataire répond qu’il reconnaît devoir la somme, l’article 2240 du Code civil ne précise pas la forme de cette reconnaissance. Les conditions de preuve d’un engagement écrit de payer une somme sont présentées sur la page reconnaissance de dette pour loyer impayé.

Pour aller plus loin, gratuitement

Deux services d’information gratuits, ouverts aux propriétaires comme aux locataires.

  • SOS Loyers impayés

    Numéro vert de l’ANIL, pour les propriétaires comme pour les locataires : appel gratuit, du lundi au vendredi. Les conseillers informent sur les droits, les démarches, les délais, les recours et les aides possibles.

  • L’ADIL de votre département

    Les agences départementales d’information sur le logement délivrent une information neutre et gratuite sur le logement, y compris sur les loyers impayés.

Questions fréquentes

Peut-on relancer un locataire par SMS ou par e-mail ?

Aucune des sources citées sur cette page n’impose de forme pour une relance amiable. L’ANIL juge important de contacter rapidement le locataire après un incident de paiement, pour rechercher des solutions amiables. Pour le courrier, service-public.gouv.fr décrit une lettre simple, puis une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception.

Un SMS ou un e-mail de relance peut-il servir de preuve ?

Les SMS, les courriers électroniques et les captures d’écran figurent parmi les moyens de prouver la réalité d’un fait, à condition que la preuve ait été recueillie de manière loyale (service-public.gouv.fr). L’écrit électronique a la même force probante que l’écrit papier si son auteur peut être dûment identifié et s’il est établi et conservé dans des conditions de nature à en garantir l’intégrité (Code civil, art. 1366).

Peut-on ajouter des frais de relance dans le message ?

Non. Les clauses qui font supporter au locataire des frais de relance, ou qui autorisent des amendes ou des pénalités, sont réputées non écrites (loi du 6 juillet 1989, art. 4 p) et i)). Les frais de retard ne peuvent pas être facturés pour un bail signé, renouvelé ou tacitement reconduit depuis le 27 mars 2014 (service-public.gouv.fr).

Faut-il aussi envoyer une lettre ?

Pour le courrier, service-public.gouv.fr décrit une lettre simple, puis une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception si la lettre reste sans effet. Le modèle de relance de l’ANIL conseille, lui, une notification par lettre recommandée avec demande d’avis de réception. Aucune de ces sources ne présente le SMS ou l’e-mail comme un substitut au courrier.

Le locataire a payé une partie : que lui envoyer ?

En cas de paiement partiel, le bailleur est tenu de délivrer un reçu (loi du 6 juillet 1989, art. 21). Le troisième SMS de cette page accuse réception du paiement et indique le solde restant dû. Le reçu lui-même est un document distinct du message.

Peut-on enregistrer un appel avec le locataire ?

Toute personne doit être informée et consentir avant l’enregistrement d’une discussion, par téléphone, en vidéo ou en face à face (service-public.gouv.fr). La même fiche range les enregistrements sans consentement parmi les preuves qui ne sont pas loyales ; elle précise que le juge vérifie les conditions d’obtention des preuves et peut parfois accepter une preuve déloyale si elle est indispensable.

Le locataire reconnaît sa dette par SMS : est-ce une reconnaissance de dette ?

L’article 2240 du Code civil fait de la reconnaissance, par le débiteur, du droit du créancier une cause d’interruption de la prescription, sans en préciser la forme. Pour qu’un acte sous signature privée par lequel une personne s’engage à payer une somme fasse preuve, l’article 1376 exige sa signature et la mention de la somme, écrite par elle-même, en toutes lettres et en chiffres. Les textes cités ne disent pas si un SMS remplit ces conditions.

Sources officielles

Les informations de cette page reprennent les textes et fiches officiels ci-dessous. Les règles peuvent évoluer : la version en ligne de chaque source fait référence.

Sources vérifiées le . Méthode : nos sources et notre vérification.

Information générale, à caractère documentaire : elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.

Lucibail est un outil indépendant, sans lien avec Action Logement (Visale), la CAF, la MSA, l’ANIL, les ADIL ou les administrations dont les sites sont cités, ni avec aucun commissaire de justice ou avocat. Ces organismes et professions sont cités à titre d’information : leur mention n’implique ni partenariat, ni agrément, ni approbation de ce contenu.

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