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Locataire qui ne paie pas ses charges : ce que prévoient les textes
La réponse courte
Le locataire paie les charges récupérables aux termes convenus, comme le loyer, et un impayé de charges se réclame pendant 3 ans (loi 1989, art. 7 et 7-1). Les charges sont exigibles sur justification, avec une régularisation annuelle des provisions (art. 23).
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Sur cette page (10 parties)
Des charges impayées sont-elles une dette comme le loyer ?
Oui. L’article 7 a) de la loi du 6 juillet 1989 oblige le locataire à « payer le loyer et les charges récupérables aux termes convenus ». Un impayé de charges s’inscrit donc dans la dette locative, avec les mêmes démarches que celles décrites dans le guide loyer impayé : les démarches, étape par étape.
L’article 24 de la même loi vise d’ailleurs la résiliation du bail « pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ». Et service-public.gouv.fr indique que le propriétaire peut réclamer pendant 3 ans tout impayé de charges ou de loyers (article 7-1 de la loi du 6 juillet 1989 ; voir la page prescription des loyers impayés).
Les points clés (3)
- Provisions : régularisation annuelle ; décompte par nature de charges communiqué un mois avant, justificatifs tenus à disposition pendant 6 mois (article 23 de la loi du 6 juillet 1989).
- TEOM : la taxe ou redevance d’enlèvement des ordures ménagères figure dans la liste des charges récupérables (décret n° 87-713 du 26 août 1987, annexe, VIII).
- Régularisation faite après la fin de l’année civile suivant l’exigibilité : paiement par douzième si le locataire le demande (article 23 ; service-public.gouv.fr).
Quelles charges le bailleur peut-il récupérer ?
Selon l’article 23 de la loi du 6 juillet 1989, les charges récupérables sont des « sommes accessoires au loyer principal », exigibles sur justification en contrepartie de trois catégories de dépenses : les services rendus liés à l’usage des différents éléments de la chose louée, les dépenses d’entretien courant et les menues réparations sur les éléments d’usage commun, et les impositions qui correspondent à des services dont le locataire profite directement.
La liste de ces charges est fixée par décret en Conseil d’État (article 23). Le décret n° 87-713 du 26 août 1987 la donne en annexe, en huit rubriques :
- I. Ascenseurs et monte-charge
- II. Eau froide, eau chaude et chauffage collectif des locaux privatifs et des parties communes
- III. Installations individuelles
- IV. Parties communes intérieures au bâtiment ou à l’ensemble des bâtiments d’habitation
- V. Espaces extérieurs au bâtiment ou à l’ensemble de bâtiments d’habitation
- VI. Hygiène
- VII. Équipements divers du bâtiment ou de l’ensemble de bâtiments d’habitation
- VIII. Impositions et redevances
La taxe d’ordures ménagères (TEOM) est-elle à la charge du locataire ?
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La rubrique VIII « Impositions et redevances » de l’annexe du décret n° 87-713 du 26 août 1987 mentionne la « taxe ou redevance d’enlèvement des ordures ménagères », ainsi que la taxe de balayage. Service-public.gouv.fr cite également la TEOM parmi les charges que le locataire paie.
La TEOM se réclame donc comme les autres charges récupérables : sur justification (article 23 de la loi du 6 juillet 1989) et, quand le locataire verse des provisions, dans le cadre de la régularisation annuelle prévue par le même article. La taxe foncière elle-même ne figure pas dans cette rubrique VIII.
Provisions et régularisation annuelle : que dit la loi ?
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Les charges locatives « peuvent donner lieu au versement de provisions et doivent, en ce cas, faire l’objet d’une régularisation annuelle » (article 23 de la loi du 6 juillet 1989). Les demandes de provisions sont justifiées par la communication des résultats de la régularisation précédente et, dans un immeuble en copropriété ou quand le bailleur est une personne morale, par le budget prévisionnel.
Un mois avant la régularisation, le bailleur communique au locataire le décompte par nature de charges et, dans les immeubles collectifs, le mode de répartition entre les locataires. Pendant les six mois qui suivent l’envoi de ce décompte, les pièces justificatives sont tenues à la disposition du locataire (article 23 ; service-public.gouv.fr).
Depuis le 1er septembre 2015, le bailleur transmet aussi au locataire qui le demande le récapitulatif des charges du logement, par voie dématérialisée ou par voie postale (article 23).
Que se passe-t-il si la régularisation arrive en retard ?
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Lorsque la régularisation n’a pas été faite avant le terme de l’année civile qui suit l’année d’exigibilité des charges, « le paiement par le locataire est effectué par douzième, s’il en fait la demande » (article 23 de la loi du 6 juillet 1989). Service-public.gouv.fr parle d’un paiement échelonné sur 12 mois.
Le délai pour réclamer reste celui de l’article 7-1 : trois ans pour les actions dérivant du bail, dont les charges (service-public.gouv.fr). Le point de départ et les causes d’interruption sont détaillés sur la page prescription des loyers impayés.
Location meublée : forfait ou provisions ?
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En location meublée, l’article 25-10 de la loi du 6 juillet 1989 permet deux modalités, au choix des parties : des provisions régularisées dans les conditions de l’article 23, ou un forfait de charges. Le forfait est versé en même temps que le loyer ; son montant et sa périodicité sont définis dans le contrat, et il « ne peut donner lieu à complément ou à régularisation ultérieure ».
Le montant du forfait est fixé en fonction des montants exigibles au titre de l’article 23, peut être révisé chaque année aux mêmes conditions que le loyer principal, et « ne peut pas être manifestement disproportionné au regard des charges dont le locataire ou, le cas échéant, le précédent locataire se serait acquitté » (article 25-10). En colocation, les règles propres au partage de la dette sont présentées sur la page loyer impayé en colocation.
Comment réclamer des charges impayées ?
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Les courriers sont les mêmes que pour un loyer : une lettre de relance, puis une mise en demeure de payer. Un décompte des sommes dues peut distinguer le loyer, les provisions et le solde de régularisation, échéance par échéance.
Lorsque le locataire perçoit une aide au logement, l’impayé se mesure, jusqu’au 31 décembre 2026, par rapport au montant mensuel du loyer et des charges (article R. 824-1 du code de la construction et de l’habitation) ; la règle change au 1er janvier 2027 (décret n° 2026-84). Les deux régimes sont comparés sur la page loyer impayé et CAF.
Pour un bail signé à partir du 29 juillet 2023, la clause résolutoire ne produit effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux (article 24) ; pour un bail en cours à cette date, c’est le délai écrit dans la clause qui s’applique (Cour de cassation, avis du 13 juin 2024, n° 24-70.002). Le rôle de cet acte est expliqué sur la page commandement de payer.
Tableau récapitulatif : les charges et leur paiement
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Le tableau reprend les règles citées sur cette page. Il donne des repères généraux, sans remplacer l’examen d’un dossier par l’ADIL ou un professionnel.
| Question | Ce que prévoient les textes | Source |
|---|---|---|
| Obligation du locataire | Payer le loyer et les charges récupérables aux termes convenus | Loi du 6 juillet 1989, art. 7 a) |
| Charges récupérables | Exigibles sur justification ; liste fixée par décret | Loi du 6 juillet 1989, art. 23 ; décret n° 87-713 |
| TEOM | Récupérable : figure dans la rubrique « Impositions et redevances » | Décret n° 87-713, annexe, VIII |
| Provisions | Régularisation annuelle obligatoire | Loi du 6 juillet 1989, art. 23 |
| Avant la régularisation | Décompte par nature de charges communiqué un mois avant | Loi du 6 juillet 1989, art. 23 |
| Pièces justificatives | Tenues à la disposition du locataire pendant 6 mois après l’envoi du décompte | Loi du 6 juillet 1989, art. 23 ; service-public.gouv.fr |
| Régularisation tardive | Paiement par douzième, si le locataire le demande | Loi du 6 juillet 1989, art. 23 |
| Meublé au forfait | Pas de complément ni de régularisation ultérieure | Loi du 6 juillet 1989, art. 25-10 |
| Délai pour réclamer | 3 ans | Loi du 6 juillet 1989, art. 7-1 ; service-public.gouv.fr |
| Frais de relance | Clause réputée non écrite | Loi du 6 juillet 1989, art. 4 p) |
Pour aller plus loin, gratuitement
Deux services d’information gratuits, ouverts aux propriétaires comme aux locataires.
SOS Loyers impayés
Numéro vert de l’ANIL, pour les propriétaires comme pour les locataires : appel gratuit, du lundi au vendredi. Les conseillers informent sur les droits, les démarches, les délais, les recours et les aides possibles.
L’ADIL de votre département
Les agences départementales d’information sur le logement délivrent une information neutre et gratuite sur le logement, y compris sur les loyers impayés.
Questions fréquentes
La TEOM peut-elle être réclamée au locataire ?
Oui. La taxe ou redevance d’enlèvement des ordures ménagères figure dans la liste des charges récupérables, rubrique « Impositions et redevances » (annexe du décret n° 87-713 du 26 août 1987). Comme toute charge récupérable, elle est exigible sur justification (article 23 de la loi du 6 juillet 1989).
Combien de temps le bailleur a-t-il pour réclamer des charges impayées ?
Trois ans : service-public.gouv.fr indique que le propriétaire peut réclamer pendant 3 ans tout impayé de charges ou de loyers (article 7-1 de la loi du 6 juillet 1989). Les causes qui interrompent ce délai sont présentées sur la page prescription des loyers impayés.
Une régularisation réclamée tardivement peut-elle être étalée ?
Si la régularisation n’a pas été faite avant le terme de l’année civile qui suit l’année d’exigibilité des charges, le locataire peut demander à payer par douzième (article 23 de la loi du 6 juillet 1989), soit un paiement échelonné sur 12 mois selon service-public.gouv.fr.
Le locataire peut-il demander les justificatifs des charges ?
Oui. Le bailleur communique le décompte par nature de charges un mois avant la régularisation, puis tient les pièces justificatives à la disposition du locataire pendant six mois après l’envoi de ce décompte (article 23 de la loi du 6 juillet 1989). En cas de désaccord, l’ADIL délivre une information gratuite aux deux parties.
Les charges impayées comptent-elles pour le signalement à la CAF ?
Jusqu’au 31 décembre 2026, l’impayé au sens de l’aide au logement est constitué quand la dette atteint deux fois le montant mensuel du loyer et des charges (article R. 824-1 du code de la construction et de l’habitation). La règle applicable à partir du 1er janvier 2027 (décret n° 2026-84) est détaillée sur la page loyer impayé et CAF.
Le bailleur peut-il facturer des frais de relance pour des charges impayées ?
Non. L’article 4 p) de la loi du 6 juillet 1989 répute non écrite la clause qui fait supporter au locataire des frais de relance ou d’expédition de la quittance. L’article 4 i) vise de même les amendes ou pénalités en cas d’infraction au bail.
Sources officielles
Les informations de cette page reprennent les textes et fiches officiels ci-dessous. Les règles peuvent évoluer : la version en ligne de chaque source fait référence.
Sources vérifiées le . Méthode : nos sources et notre vérification.
Information générale, à caractère documentaire : elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.
Lucibail est un outil indépendant, sans lien avec Action Logement (Visale), la CAF, la MSA, l’ANIL, les ADIL ou les administrations dont les sites sont cités, ni avec aucun commissaire de justice ou avocat. Ces organismes et professions sont cités à titre d’information : leur mention n’implique ni partenariat, ni agrément, ni approbation de ce contenu.
Voir les 11 textes et fiches officiels
Légifrance
- Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 7 (nouvel onglet)
- Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 7-1 (nouvel onglet)
- Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 23 (nouvel onglet)
- Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 25-10 (nouvel onglet)
- Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 24 (nouvel onglet)
- Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 4 (nouvel onglet)
- Décret n° 87-713 du 26 août 1987 fixant la liste des charges récupérables (et son annexe) (nouvel onglet)
- Cour de cassation, 3e chambre civile, avis du 13 juin 2024, n° 24-70.002 (nouvel onglet)
- Code de la construction et de l’habitation, article R824-1 (version en vigueur jusqu’au 31 décembre 2026) (nouvel onglet)
- Décret n° 2026-84 du 12 février 2026 relatif aux impayés de dépense de logement pour les bénéficiaires des aides personnelles au logement (en vigueur le 1er janvier 2027) (nouvel onglet)
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