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Loyers impayés en France : les chiffres officiels

La réponse courte

Chaque année, environ 1,5 million de ménages connaissent un retard ou un impayé de loyer, et environ 500 000 reçoivent un commandement de payer (ministère du Logement, 2025). En 2024, 24 556 expulsions locatives ont été réalisées avec le concours de la force publique.

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Sur cette page (8 parties)

Combien de ménages sont en impayé de loyer ?

Chaque année, environ 1,5 million de ménages se retrouvent à un moment donné en retard ou en impayé (ministère du Logement, communiqué du 5 mai 2025). Environ 500 000 d’entre eux reçoivent un commandement de payer. La moitié de ces cas concerne le parc privé, l’autre moitié le parc social.

Le communiqué donne ces chiffres en ordres de grandeur (« environ »), sans en préciser la méthode. Il indique aussi que la ministre a chargé la délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement (DIHAL) de piloter la création d’indicateurs réguliers sur la situation socio-économique des ménages (ministère du Logement, communiqué du 5 mai 2025).

Le commandement de payer est un acte de commissaire de justice (l’ancien huissier). Les étapes d’un impayé sont décrites dans le guide du loyer impayé.

Les points clés (3)
  • 2024 : 263 839 affaires d’impayé introduites devant les tribunaux judiciaires, hors injonctions de payer, dont 57 % portent sur des baux d’habitation, commerciaux ou ruraux (ministère de la Justice, RSJ 2025).
  • 2024 : 21 501 demandes d’injonction de payer pour des baux d’habitation, de commerce ou ruraux, sur 418 043 demandes (ministère de la Justice, RSJ 2025).
  • 2025 : dettes de logement présentes dans 47,8 % des dossiers de surendettement traités (Banque de France, typologie 2025).

Les chiffres clés en un tableau

Chaque ligne donne l’année des données et la publication d’où vient le chiffre. Les champs diffèrent d’une source à l’autre : ils sont précisés dans les parties suivantes.

Loyers impayés en France : chiffres officiels (sources lues le 26/09/2026)
IndicateurChiffreDonnéesSource
Ménages en retard ou en impayé à un moment de l’annéeEnviron 1,5 millionOrdre de grandeur annuel, publié en mai 2025Ministère du Logement, communiqué du 05/05/2025
Ménages qui reçoivent un commandement de payerEnviron 500 000Ordre de grandeur annuel, publié en mai 2025Ministère du Logement, communiqué du 05/05/2025
Expulsions locatives réalisées avec le concours de la force publique24 5562024Ministère du Logement, communiqué du 05/05/2025
Affaires d’impayé introduites devant les tribunaux judiciaires (toutes créances, hors injonctions de payer)263 8392024Ministère de la Justice, RSJ 2025, fiche 7.1
Dont baux d’habitation, commerciaux et ruraux151 172 (57 %)2024Ministère de la Justice, RSJ 2025, fiche 7.1
Demandes d’injonction de payer pour des baux d’habitation, de commerce ou ruraux21 501, sur 418 043 demandes toutes créances2024Ministère de la Justice, RSJ 2025, fiche 7.2
Affaires nouvelles « bail d’habitation et bail professionnel » devant les tribunaux judiciaires113 0862024Ministère de la Justice, RSJ 2025, fiche 4.2
Décisions rendues sur des demandes de bailleurs (baux d’habitation de la loi de 1989)109 860 (nombre estimé)2019, étude publiée en 2024Ministère de la Justice, Infos rapides Justice n° 16
Montant médian des arriérés fixé par le juge3 000 € (plus de 5 100 € dans un quart des cas)2019, étude publiée en 2024Ministère de la Justice, Infos rapides Justice n° 16
Dossiers de surendettement traités comportant des dettes de logement47,8 % (362 millions d’euros)2025, France hexagonaleBanque de France, typologie du surendettement 2025
Loyers impayés en France : chiffres officiels (sources lues le 26/09/2026)

Que disent les statistiques de la justice ?

Lire : Que disent les statistiques de la justice ?

En 2024, les tribunaux judiciaires ont été saisis de 263 800 affaires d’impayé, hors injonctions de payer. Plus de la moitié (57 %) concerne des baux (ministère de la Justice, Références statistiques Justice 2025, fiche 7.1). Cette catégorie réunit les baux d’habitation, commerciaux et ruraux : elle ne se limite pas aux loyers d’habitation.

Devant les tribunaux judiciaires, 7 % des demandes d’impayé jugées au fond sont totalement rejetées ; ce taux tombe à 3 % pour les demandes relatives aux baux (RSJ 2025, fiche 7.1). Un taux global ne préjuge pas de l’issue d’une affaire donnée.

La même année, 418 000 demandes d’injonction de payer ont été déposées, dont 21 500 pour des baux d’habitation, de commerce ou ruraux, soit 7 % (RSJ 2025, fiche 7.2). Sur les 19 815 décisions rendues en 2024 pour ces baux, la demande a été acceptée totalement 5 992 fois, partiellement 6 336 fois, et rejetée 6 825 fois. Cette procédure est présentée sur la page récupérer un loyer impayé sans avocat.

Les tribunaux judiciaires ont aussi enregistré 113 086 affaires nouvelles en matière de bail d’habitation et de bail professionnel en 2024, un volume quasi identique à celui de 2023 (RSJ 2025, fiche 4.2). Cette famille de contentieux ne se limite pas aux impayés.

Que décide le juge dans les litiges de bailleurs ?

Lire : Que décide le juge dans les litiges de bailleurs ?

Une étude du ministère de la Justice, publiée le 19 septembre 2024, analyse les décisions rendues en 2019 (Infos rapides Justice n° 16). À partir d’un échantillon de décisions d’octobre 2019, elle représente un nombre estimé à 109 860 décisions rendues sur des demandes de bailleurs, pour des baux d’habitation relevant de la loi du 6 juillet 1989.

Les bailleurs avancent la question des arriérés dus par les locataires dans 95 % des affaires. Ils demandent la résiliation du bail et/ou l’expulsion dans neuf affaires sur dix. Le montant médian des arriérés fixé par le juge est de 3 000 €, et il dépasse 5 100 € dans un quart des cas (Infos rapides Justice n° 16).

Un échéancier de paiement est fixé dans 41 % des affaires où le locataire est condamné à payer des arriérés. La décision intervient en moyenne 5,1 mois après l’assignation. Les bailleurs sont représentés par un avocat dans 70 % des affaires, et les locataires sont absents des débats dans 60 % des cas (Infos rapides Justice n° 16).

La même étude indique que le juge fait droit aux demandes de résiliation du bail dans 97 % des cas et aux demandes de paiement des arriérés dans 99 % des cas. Ces taux décrivent l’ensemble des décisions de 2019 et ne préjugent pas de l’issue d’une affaire. Un échéancier peut aussi être convenu à l’amiable : voir le plan d’apurement.

Quelle place pour les dettes de logement dans le surendettement ?

Lire : Quelle place pour les dettes de logement dans le surendettement ?

En 2025, 148 013 dossiers de surendettement ont été déposés en France hexagonale, en hausse de 9,8 % sur un an. 88 % des personnes surendettées sont locataires ou hébergées à titre gratuit (Banque de France, typologie du surendettement 2025).

Les dettes de logement figurent dans 47,8 % des dossiers traités en 2025, pour 362 millions d’euros, avec un montant médian de 3 547 €. Elles regroupent notamment les loyers et charges locatives, les charges de copropriété et les dépôts de garantie (Banque de France, typologie 2025).

Les particuliers bailleurs détiennent 20,6 % de ces créances de logement, et les organismes de logement social 54,3 %. Dans les dossiers clos en 2025, le taux d’effacement des dettes de logement atteint 46,8 %, pour 160 millions d’euros effacés (Banque de France, typologie 2025).

D’où viennent ces chiffres ?

Lire : D’où viennent ces chiffres ?

Cette page ne reprend que des chiffres publiés par des sources officielles : ministère chargé du Logement, ministère de la Justice et Banque de France. Chaque chiffre est daté et relié à sa publication, listée en bas de page. Les chiffres de sites privés sont écartés.

Les champs diffèrent : baux de toute nature dans certaines statistiques judiciaires, dettes de logement au sens large pour la Banque de France, estimations pour le ministère du Logement. Aucune des sources consultées ne donne le nombre de propriétaires confrontés à un impayé. La démarche de vérification est décrite sur la page méthode et sources.

Pour aller plus loin, gratuitement

Deux services d’information gratuits, ouverts aux propriétaires comme aux locataires.

  • SOS Loyers impayés

    Numéro vert de l’ANIL, pour les propriétaires comme pour les locataires : appel gratuit, du lundi au vendredi. Les conseillers informent sur les droits, les démarches, les délais, les recours et les aides possibles.

  • L’ADIL de votre département

    Les agences départementales d’information sur le logement délivrent une information neutre et gratuite sur le logement, y compris sur les loyers impayés.

Questions fréquentes

Combien de loyers impayés y a-t-il en France ?

Aucune des statistiques officielles consultées ne compte les loyers impayés un par un. Le ministère du Logement indique qu’environ 1,5 million de ménages se retrouvent chaque année en retard ou en impayé, et qu’environ 500 000 reçoivent un commandement de payer (communiqué du 5 mai 2025).

Combien d’expulsions locatives chaque année ?

En 2024, 24 556 expulsions locatives ont été réalisées avec le concours de la force publique (ministère du Logement, communiqué du 5 mai 2025). Le communiqué ne précise pas la part due à des loyers impayés. Les règles de la période hivernale sont présentées sur la page trêve hivernale et loyer impayé.

Quel est le montant habituel d’une dette de loyer ?

Dans les décisions de 2019, le montant médian des arriérés fixé par le juge est de 3 000 €, et il dépasse 5 100 € dans un quart des cas (ministère de la Justice, Infos rapides n° 16). Dans les dossiers de surendettement traités en 2025, le montant médian des dettes de logement est de 3 547 € (Banque de France, typologie 2025).

Les impayés de loyer augmentent-ils ?

Le ministère du Logement fait état d’une tendance à la hausse des impayés de loyers et de charges (communiqué du 5 mai 2025). Les demandes d’injonction de payer pour des baux sont passées de 21 004 en 2023 à 21 501 en 2024, après 23 368 en 2021 (RSJ 2025, fiche 7.2).

Pourquoi certaines données datent-elles de 2019 ?

L’étude du ministère de la Justice sur le contenu des décisions (demandes, montants, échéanciers) porte sur les décisions rendues en 2019. Elle a été publiée le 19 septembre 2024 (Infos rapides Justice n° 16). Les volumes d’affaires sont, eux, disponibles pour 2024 (Références statistiques Justice 2025).

Peut-on reprendre ces chiffres ?

Oui : cette page peut être citée librement, avec un lien. Chaque chiffre se cite avec sa source officielle et l’année de ses données, indiquées dans le tableau des chiffres clés. Les publications d’origine sont listées dans les sources, en bas de page.

Sources officielles

Les informations de cette page reprennent les textes et fiches officiels ci-dessous. Les règles peuvent évoluer : la version en ligne de chaque source fait référence.

Sources vérifiées le . Méthode : nos sources et notre vérification.

Information générale, à caractère documentaire : elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.

Lucibail est un outil indépendant, sans lien avec Action Logement (Visale), la CAF, la MSA, l’ANIL, les ADIL ou les administrations dont les sites sont cités, ni avec aucun commissaire de justice ou avocat. Ces organismes et professions sont cités à titre d’information : leur mention n’implique ni partenariat, ni agrément, ni approbation de ce contenu.

Voir les 5 textes et fiches officiels

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